“ S’il posait le coude sur une table, son cœur battait dans son coude ; s’il appuyait sa nuque à un dossier de fauteuil, son cœur battait dans sa nuque ; s’il s’asseyait, s’il se couchait, son cœur battait dans ses cuisses, dans ses flancs, dans son ventre ”
Coude
Définition et enjeux
Le coude désigne la région anatomique articulaire reliant le bras à l'avant-bras, formée par l'humérus, le radius et l'ulna. Ce segment, marqué par la fosse cubitale et l'olécrâne, permet des mouvements de flexion et d'extension. Des auteurs comme Albert Roy ont étudié ses pathologies, tandis qu'Émile Zola l'a utilisé métaphoriquement pour illustrer l'émotion physique.
D'autres, comme Lorédan Larchey, ont incorporé le terme dans des usages argotiques. Cette diversité d'approches, allant de l'anatomie à la littérature, met en lumière l'intérêt du coude comme objet de réflexion interdisciplinaire.
Citations sur le coude
Edmond Lambert, A travers l'Algérie, histoire, moeurs et légendes des Arabes (1884)
“ Autrement, il écoute un peu négligemment, le coude appuyé parmi les coussins, les yeux à demi fermés, moitié méditant, moitié distrait, et dans la tenue d'un homme à qui l'on fait des confidences de peu de valeur. ”
Roger Ballu,
L'oeuvre de Barye
(1890)
“ Un éphèbe aux formes développées et pleines, le front mi-baissé, dans une attitude de méditative confiance, le coude gauche appuyé au genou, et soutenant la main droite qui retombe, est assis sur un taureau tranquille et doux. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Les bras longs et musculeux se renflaient tout-à-coup au dessous du coude ; les jambes contournées en dedans descendaient comme il faut sur un jarret de fer ; la tête enfin se plantait gauchement, mais ferme entre deux épaules d’une largeur fort respectable. Quant à son visage, on ne peut dire qu’il eût une expression commune. ”
Arthur Conan Doyle,
La Vallée de la peur
(1915)
“ Le bras droit du mort, sortant de la robe de chambre, se montrait à nu jusqu’à la hauteur du coude, et vers le milieu de l’avant-bras un curieux dessin brun, qui représentait un triangle inscrit dans un cercle, se détachait vivement sur la pâleur graisseuse de la peau. ”
Michel Masson,
Une couronne d'épines, par Michel Masson
(1862)
“ Le coude appuyé sur la table, la tête posée sur son poing recourbé, il fait jouer machinalement la plume dans ses doigts, attendant au passage le jet de la pensée, et le sollicitant avec une visible impatience quand il vient à s'arrêter de nouveau. ”
Beaux-Arts - Vénus anadyomène - Portrait de Mme de Rothschild
“ D’un côté, le bras droit relevé forme, avec le torse, la hanche et la cuisse, une courte ondulée, qui, se prolongeant depuis le sommet du coude jusqu’au genou légèrement affaissé, vient se relier au groupe des amours, destiné à former la base de la figure. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Les derniers jours de Pompéi
(1859)
“ Les muscles vigoureux du cou, la large poitrine, les mains nerveuses et les bras maigres et longs qui étaient nus jusqu'au-dessus du coude, témoignaient d'une nature capable d'agir avec énergie ou de souffrir avec patience. ”
Lorédan Larchey,
Dictionnaire historique d’argot…
“ Rend un mari coucou. (Chansons, impr. Chassaignon 51.) COUCOU (faire) : Jouer à la cachette, jeu où l’on crie coucou en guise d’avertissement. — « Je vais me placer dans ce coin, la figure contre le muret la main devant les yeux, comme si je faisais coucou. » (P. de Kock.) COUDE (lâcher le) : Quitter. — « Vous n’pourriez pas nous lâcher l’ coude bientôt ? » (Léonard, parodie, 63.) — Allusion à la recommandation militaire de sentir les coudes à gauche, en marche. COUDE (lever le) : Boire à longues rasades. — « Ça n’a pas d’ordre, ça aime trop à lever le coude. » ”
Albert Roy, De l'Arthrotomie et de la réduction à ciel ouvert dans les luxations non réduites du coude… (1899)
“ Le coude présente une déformation caractéristique : l’olécrâne est remonté et fortement saillant en arrière ; avec le doigt on sent manifestement la cupule radiale, à laquelle on imprime des mouvements de rotation par la pronation et la supination de l’avant-bras. ”
Julien Offray de La Mettrie,
''Œuvres philosophiques''
(1753)
“ LE coude est articulé, comme le nôtre; ils ont le même nombre de doigts, le pouce fait comme celui de l'homme, des molets aux jambes, & une bare à la plante du pied , sur laquelle tout leur corps porte comme le nôtre, lorsqu'ils marchent à notre manière, ce qui leur arrive souvent. ”
Charles Rochet,
L'anatomie artistique : traité-atlas
(1911)
“ Le coude appartient aux deux parties (1) . 3° L'avant-bras. — Partie du bras qui s'étend du coude à la main. Quelques anatomistes le nomment cubitus, du nom de son os principal qui forme le coude; l'autre os se nomme le radius (voir au squelette) ; on lui compte vingt muscles, dont les arts n'observent que les principaux et les plus visibles (2) . 4° La main (manus, latin, chéir, grec) . — Celle-ci se se compose à son tour de trois parties : 1° le poignet, nom vulgaire, carpe, nom scientifique (carpus, latin, carpos, grec) ; 2° le métacarpe de (méta, après, carpos, carpe, grec) ”
Henri-Étienne Beaunis,
Nouveaux Éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie…
(1894)
“ Les veines du pli du coude et surtout la médiane basilique sont souvent apparentes à travers la peau. 2. Le coude change de forme dans l'extension et dans la flexion. Dans l'extension, les saillies osseuses sont à peine indiquées ; dans la flexion, au contraire, elles se dessinent fortement sous la peau. Le sommet du coude est constitué par l'olécrâne, dont la saillie tout à fait sous-cutanée s'élève ou s'abaisse avec les mouvements de l'avant-bras. En dedans et en dehors se trouvent deux saillies immobiles : l'une interne, due à l'épitrochlée et qui ne disparaît jamais complètement ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Qui est ployé, qui fait un angle, un coude. Angulatus, inflexus. Il y a beaucoup d’outils qui sont coudés. COUDÉE, s. f. mesure dont usoient les Anciens, & surtout les Hébreux, qui étoit prise sur la longueur ordinaire du bras de l’homme depuis le coude jusqu’au bout de la main. Cubitus. Elle avoit en sa moyenne grandeur un pié & dix pouces de roi. La plus petite n’avoit qu’un pié & cinq pouces : & la plus grande, ou coudée géométrique, étoit de deux piés & deux pouces de roi. Le Père Mersenne fait la coudée hébraïque d’un pié, quatre doigts & trois lignes, par rapport au pié du Capitole. ”
Jules Guérin, Oeuvres du docteur Jules Guérin… (1880-1882)
“ Membre supérieur droit offrant une flexion permanente du coude; avec pronation permanente de la main et écartement des doigts. — 3. Membre supérieur gauche, flexion du coude avec adduction et extension considérable de la main. — 4. Membre inférieur droit, moins développé que celui du côté opposé, offrant une flexion prononcée de la cuisse sur le bassin, une flexion complète de la jambe sur la cuisse et un pied bot varus équin, avec extension prononcée des orteils. ”
Pauline Mariette, L'art de la toilette : méthode nouvelle pour tailler… (1866)
“ La mode d'aujourd'hui est une manche étroite qui forme le coude. On prépare la mesure comme suit : On prend une bande de papier que l'on entaille d'un bout; avec cette bande, on commence à mesurer le bras en plaçant la mesure à la naissance du bras vers l'épaule; on la descend jusqu'au coude; on fait plier le bras pour que le coude soit bien dessiné. On marque cette mesure sur le bord ; on continue de mesurer à partir du coude jusqu'au poignet où l'on coupe la bande. On prend la mesure du côté que le bout est entaillé, commençant par le tour du poignet. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel des sciences… (1896)
“ Voy. BARBUS. COUDE, cubitus, angle saillant formé par l'apophyse olécrane à la partie postérieure de l'articulation du bras avec l'avant-bras. COUDÉE (de coude) , mesure de longueur, en usage chez les anciens. La coudée naturelle est la dislance ou coude à l'extrémité du doigt du milieu. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ On dit aussi le coude d’une branche d’arbre en termes de jardinage. C’est l’angle que fait une branche taillée immédiatement sur une autre, & si court, qu’il n’y reste pas le moindre ergot. Coude signifie aussi, chez les Architectes & les Maçons, un angle fort obtus que fait une muraille, un chemin, & qui l’éloigne un peu de la ligne droite. Vous avez enjambé sur mon héritage par le moyen d’un coude que vous avez fait en rebâtissant notre mur mitoyen. Le coude est un jarret saillant. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Faire le coude d’une manche ; donner à la partie de l’habit qui couvre le coude, la forme qu’elle doit avoir. Cubito manicam aptare. Couder une manche de pourpoint, de juste-au-corps. Cette manche est bien coudée. ☞ Couder se dit généralement des choses qu’on plie en forme de coude. Couder une barre de fer ; couder une branche de vigne, la coucher ou plier en angle obtus. COUDOYER, v. a. heurter quelqu’un avec le coude. Pulsare aliquem cubito. Il coudoya ceux qui étoient assis autrès de lui. Ablanc. Je coudoie les plus proches pour me faire place. ”
Guillaume Docx, Guide pour l'enseignement de la gymnastique des garçons… (1875)
“ Tous les autres élèves louchent du coude, le coude de leur voisin de droite, tournent la tête à gauche pour voir l'aile marchante et font les pas d'autant plus petits qu'ils sont plus rapprochés du pivot. ”
Procès-verbal de l'exhumation du corps de monseigneur le duc d'Enghien… (1816)
“ En continuant nos travaux, nous avons mis à découvert le coude du bras gauche; ce qui nous a fourni un indice de plus sur la direction du corps, et nous avons jugé, d'après l'élévation plus grande des. pieds , que le corps et la tête devaient être plus profondément placés. ”
Pauline Mariette, L'art de la toilette : méthode nouvelle pour tailler… (1866)
“ Nous avons, sur la troisième ligne du bas, marqué deux fois la largeur du poignet : du point où nous .sommes ressortis au coude, nous conduisons notre ligne de couture jusqu'au premier point qui marque les deux mesures du bas. Sur la première ligne de l'équerre où nous avons marqué la largeur du bras, nous descendons, en arrondissant un peu, rejoindre la deuxième ligne où nous avons marqué le tour du coude, qui est la jointure du bras (saignée) . ”
Léonard de Vinci,
Traité élémentaire de la peinture
“ Combien un bras se peut approcher de l’autre bras derrière le dos. Des bras qu’on porte derrière le dos, les coudes ne peuvent jamais s’approcher plus près que de la longueur qu’il y a depuis le coude jusqu’au bout des plus longs doigts ”
André Theuriet,
Toute seule ; Un miracle ; Saint Énogat…
(1880)
“ Les coudes au corps, le regard droit, elles trottent à grandes enjambées comme des garçons, appliquent carrément leurs pieds sur le sol, se jettent à l'eau sans barguigner et nagent comme des poissons. ”
“ Elle lui parlait de tout près, un coude au genou, la tête appuyée sur la main, avec une douceur grave, un peu lasse... ”
Ernest Roschach,
Catalogue des antiquités et des objets d'art
(1865)
“ Figure d'applique, coiffée d'une haute chevelure; prunelles évidées. 243. Tète de femme. — Marbre blanc. H. om25. Brisée à la naissance du cou ; des tresses de cheveux sont relevées et nouées au-dessus de la tête; prunelles lisses. 244. Torse en marbre blanc. Le bras droit est ramené derrière le dos, la main tenant un objet indéterminé ; le bras gauche est brisé au-dessus du coude, et la cuisse droite à la hauteur du genou. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Lorsque l’os du coude luxé ne pouvoit pas être remis par une bande passée sous l’aisselle, ni par un linge roulé en peloton, on attachoit le plinthium à l’échelle, & le coude serré étoit étendu par les lacs de la machine. ”
Jules-Théodore Pellier, Le langage équestre (1889)
“ Aujourd'hui les élégants lèvent les coudes en l'air, tiennent les rênes fort longues, sont assis très en arrière du siège de la selle, ouvrent les genoux, chaussent les étriers, aux petites allures, jusqu'au cou-de-pied et placent les pointes des pieds en dehors..Demain, ils choisiront une autre posture, pas plus pratique, non moins grotesque. ”
F. Musany, L'amazone au manège et à la promenade… (1888)
“ Les bras tomberont naturellement et verticalement, les coudes restant toujours près du corps sans y être serrés ; rien n'est plus disgracieux que de voir les coudes s'écarter du corps ou se porter en arrière lorsqu'on fait usage des rênes. ”
Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1896)
“ Couchée sur la poitrine, les coudes en avant, les jambes écartées et la joue dans la main, elle piquait de petits trous symétriques dans l’oreiller de lin vert, avec une longue épingle d’or. ”
Auguste Debay, Hygiène et perfectionnement de la beauté humaine dans ses lignes… (1851)
“ Il faut se garder surtout de jeter les coudes en arrière, lorsqu'ils sont fléchis, et de les serrer contre la taille, car, dans cette position, les bras ressemblent assez aux longues pattes des sauterelles en repos ”
“ Un beau laboureur blond, cinq pieds sept pouces, pas de barbe, mais des poils qui luisent sur son cou, un cou rond, gras, doré; il a la peau couleur de paille, avec des yeux comme des bleuets et des lèvres comme des coquelicots; il a toujours la chemise entrouverte, un gilet rayé jaune, et son grand chapeau à chenille tricolore ne le quitte jamais. ”
Octave Fidière, Chapu : sa vie et son oeuvre (1894)
“ Les cheveux, relevés sur la nuque, laissent voir, dans toute leur splendeur, l'élégante attache du cou, la ligne harmonieuse des épaules, le savoureux modelé de la poitrine et des bras. Jamais le marbre ne s'est mieux assoupli pour rendre les plus délicates palpitations de la chair, l'onduleuse flexibilité d'un jeune corps. ”
Aurélien Scholl,
Les amours de cinq minutes (3e édition…
(1876)
“ Le vrai modèle de la race à la taille flexible, l'œil humble et vif, le cou-de-pied peu élevé, la main facile à s'étendre, les articulations flexibles et le sourire éternellement fixé aux deux coins de la bouche. ”
Gottfried August Bürger,
Faust et le Second Faust
“ Non, il n’est rien de beau dans une tête orgueilleuse, fixe sur un cou tendu, qui croit dominer tout ce qui l’entoure ; si l’orgueil du rang ou de l’or t’a raidi le cou, ma fleur merveilleuse te le rendra flexible, et te contraindra à baisser la tête. ”
Jules Case,
La Petite Zette. 2e édition
(1884)
“ Le monde entier s'abîme autour d'eux, les laissant seuls sur ce sommet idéal du rêve. Puis, les vêtements, un à un, lentement, à peine défendus, tombent : le cou blanc, rond apparaît, complètement libre, puis les bras, la gorge, la naissance des seins ; tout le corps, mal voilé, se dessine... et, en levant les yeux, il la voit rougissante, le cou gonflé sous la tête qui se laisse aller en arrière et montre, entre les lèvres, la petite ligne des dents humides. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Deux yeux de reptile et de pierre précieuse, des regards dardés du coin de l’œil, un cou et une taille ayant des ondulations serpentines, un charme, en tout elle, fascinant et épeurant, avec un visage sans âge, et qui semble celui d’une fée inquiétante, et qu’on verrait jeune et vieille à la fois. ”
Jacques Turbin, A l'oreille : poésies... (1899)
“ Votre cou blanc et pur, Marie, Est un chef-d'oeuvre sans égal. Je le crois de neige pétrie Par l'amoureux doigt de cristal De quelque vaporeux génie. Trésor de grâce et d'harmonie, Jamais amant de l'Idéal Ne vit briller en rêverie Un cou plus blanc. GLOIRE A L'AMOUR! ”
Claude Galien,
Galien-Oeuvres anatomiques physiologiques et médicales
“ LIVRE HUITIÈME [1] . de la tête, de l’encéphale et des sens. Chapitre i. — De l’utilité du cou en général, son existence est subordonnée à celle du poumon. — Relations et subordination des diverses parties qui composent le cou. — Pour certains animaux, le cou, par sa longueur, remplit en quelque sorte l’office de main. — Chez l’homme, le cou est fait en vue du larynx, lequel, à son tour, est créé en vue de la voix. — Une autre utilité secondaire du cou, c’est de permettre la production des nerfs pour l’épaule et le bras. ”
Charles Cros,
Le Coffret de santal
“ Le vent du soir fait flotter vos pagnes. Dans vos cheveux, pourquoi, mes compagnes, Entrelacer ces perles de lait ? Mon cou — dit-il — sans perles lui plaît. Mon cou qu’il prend entre ses bras souples Frémit d’amour. Nous voyons par couples, Tout près de nous, entre les roseaux, Dans le muguet, jouer les oiseaux. Le blanc muguet fait des perles blanches. ”
Jerome K. Jerome,
Les Trois Hommes en Allemagne
“ «Arrête-le avant qu'il ne cause encore d'autres dégâts. Tu as le droit de protéger ton bien contre les méfaits d'un fou. Prends-le par la peau du cou et jette-le à la porte avec un coup de pied quelque part.» ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Mais appelez la nature ; présentez-lui ce cou, ces épaules, cette gorge, et la nature dira : « Cela c’est le cou, ce sont les épaules, c’est la gorge d’une femme qui a perdu les yeux dans sa jeunesse. » ”
