Résumé

Portrait de Michel Masson Michel Masson Une couronne d'épines, par Michel Masson (1862)

Et comme ces sourires eux-mêmes s'effacent vite sous les terribles impressions de l'orage qui, formé dans son coeur, gronde dans son cerveau, éclate dans ses regards et bouleverse ses traits !
David, en clignant l'oeil, par hasard et sans malice aucune, du côté de son hôte, a surpris ce jeu incessant des muscles de sa face, tour à tour sombre et radieuse, livide et colorée :
« Que Dieu me condamne, se dit-il, si le gentleman ici présent n'est pas un enragé ou un poète ! Il n'y a que la morsure d'un chien ou d'une muse pour mettre un chrétien en si piteux état. »
Source : Gallica

Portrait de Michel Masson Michel Masson Une couronne d'épines, par Michel Masson (1862)

Jamais le tailleur chansonnier n'a si laborieusement employé ses journées que depuis qu'il voit, d'heure en heure, s'approcher le jour où mistress Fraser, enfin de retour à Londres, conduira ses enfants d'adoption au temple paroissial. Jamais plus d'aiguillées de fil n'ont disparu si miraculeusement sous ses doigts ; jamais vers meilleurs n'ont coulé avec tant d'abondance de sa plume. Il s'étonne si fort lui-même de sa double facilité au travail, qu'il n'a pu s'empêcher de s'en féliciter tout haut. A cela Jane lui répond seulement : « C'est vrai, tu en fais trop! »
Source : Gallica

Portrait de Michel Masson Michel Masson Une couronne d'épines, par Michel Masson (1862)

Poète par instinct, David est tailleur avant tout ; il se sent plus fier d'un habit qui prend bien la taille de sa pratique, que d'un couplet qui va sans broncher sur l'air que Jane a choisi, et, plus d'une fois, dans la fièvre de l'inspiration, quand le démon de la poésie l'enlevait, possédé de génie, dans ce vague de l'espace où flotte le monde des sublimités imaginaires, on l'a vu, au premier appel, redescendre sur la terre sans murmurer, et laisser son vers inachevé pour recoudre un bouton à la veste du voisin.
Source : Gallica

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