Résumé

Beaux-Arts - Vénus anadyomène - Portrait de Mme de Rothschild

Le portrait de Mme de Rothschild resplendit de tout le réalisme vigoureux de l’école vénitienne, et, dans tout ce qu’a fait M. Ingres, nous ne connaissons rien d’aussi poétique, d’aussi idéalement beau que son Anadyomène, rien dont l’exécution rende aussi parfaitement la fraîcheur de l’idée. Le mérite particulier et étrange de cette œuvre tient, au reste, à des conditions tout-à-fait exceptionnelles : c’est un rêve de jeunesse réalisé dans la puissance de l’âge mûr, bonheur que peu de gens obtiennent, artistes ou autres.
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Beaux-Arts - Vénus anadyomène - Portrait de Mme de Rothschild

Toute la science du peintre de la Transfiguration ne lui fera jamais retrouver la grâce céleste et l’adorable gaucherie du groupe de jeunes filles placé à la suite de la Vierge dans Sposalizio. Si M. Ingres eût attendu jusqu’à ce jour pour composer une Vénus, il est probable qu’il l’eût conçue d’une manière différente. Sans doute, sa Vénus eût été belle, mais d’un autre genre de beauté ; certaines parties eussent peut-être été plus parfaites ; mais l’impression riante, la fougue d’imagination, mais cette sève, ce parfum, tout cet épanouissement de l’adolescence, les eussions nous retrouvés ?
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Beaux-Arts - Vénus anadyomène - Portrait de Mme de Rothschild

Le spectateur, captivé par ce coloris inattendu, se reporte par la mémoire aux précédens portraits de l’auteur, dans lesquels la perfection du dessin, l’extrême vérité des altitudes, l’étude des détails poussée à sa dernière limite, avaient suffi, même en l’absence de couleur, à créer des œuvres si remarquables, et, retrouvant ici ces qualités agrandies et complétées, il n’hésite pas à placer cet ouvrage au premier rang. Et de fait le portrait de Mme de Rothschild vaut celui de M. Berlin ; c’est tout dire. Même jet hardi, même ampleur, même puissance.
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