André Theuriet,
Toute seule ; Un miracle ; Saint Énogat…
(1880)
“ « Maman ! » Mon père et ma mère, inquiets de ma brusque disparition, étaient déjà retournés sur leurs pas. A mon cri, ils accoururent vers le routoir. Il était temps, mes forces s'épuisaient et j'allais lâcher les osiers. D'un tour de main, mon père me repêcha et me déposa sur l'herbe. Dans quel état, Bon Dieu ! J'étais vert comme une grenouille, mes vêtements étaient vaseux, ma toque polonaise était restée au fond du routoir, et de mes cheveux, de mon nez, de mes oreilles pendaient de longs filaments verdâtres qui exhalaient une insupportable odeur sulfureuse de chanvre pourri. ”
