Ernest d' Hervilly

Résumé

Ernest d' Hervilly Mesdames les parisiennes (1875)

Je vous aimais, ô ma correspondante, épouse résignée d'un mari atrabilaire, blanchi sous des harnais divers, et que l'inclémence de la goutte poussait fréquemment à l'oubli des plus simples devoirs.
Je vous aimais, et, comme dit Toppfer : « Ceux qui croient qu'un amour d'écolier, pour être sans espoir et sans but, n'est pas vif et dévoué, ceux-là se trompent. » Oui, je vous adorais ! Le visage charmant de l'honnête jeune femme d'un époux vieux a de ces pâleurs et de ces mélancolies révélatrices qui vous prennent au cœur. Le veuvage d'une âme ne peut se cacher.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Mesdames les parisiennes (1875)

Il m'aperçut, doubla le pas, et, pendant que je saluais gauchement, atteint en plein cœur par un regard brillant de Nelly, plus charmante que jamais avec ses longues nattes surmontées d'un toquet à pompons, il vint me prendre par le bras.
Ces dames, visions exquises pour moi, passèrent en souriant.
— Mon vieux, s'écria Legrand II, quand nous fûmes seuls, allons fumer une vieille pipe dans un coin, et deviser de l'amour! — Tu verras ta Nelly, ce soir, chez ton oncle. Elle est extrêmement flattée, m'a dit Angélina, de ta recherche, et ne dansera qu'avec toi.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Mesdames les parisiennes (1875)

Messieurs, n'anticipons pas sur les événements, reprit Babagou. Donc, je l'aimais ! Avec la ténacité d'un statuaire en arrêt devant un motif superbe, je le lui déclarai. Elle se mit à rire. Je lui peignis avec un feu violent le désir que j'avais d'atteindre à la gloire en laissant l'image de sa beauté aux générations futures. Certes, alors, l'art me dictait les mots que j'employai. Cependant, de même que notre ami aux cheveux en dents de peigne, j'avais aussi dans le cœur un bas et vague espoir en la suppliant de daigner condescendre à me servir de modèle. L'artiste n'est pas parfait.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature