Ernest d' Hervilly

Élements biographiques

Ernest d' Hervilly,  Le Harem

“ Dites-lui qu’aujourd’hui j’erre dans la campagne,
Mes flèches sur le dos, et mon arc à la main ;
Dites-lui que, couvert modestement d’un pagne,
Je cherche le dîner que je cuirai demain.
A celle que j’aimais dans votre ville sombre,
Dites que ma négresse, à l’heure du soleil,
En plein midi, debout pour me faire de l’ombre,
Se tient en souriant et guette mon réveil ;
Dites-lui qu’au retour elle n’est jamais lasse ;
Que je suis son seigneur ; que son amour est tel,
Qu’elle porte gaîment sur l’épaule ma chasse,
Tandis que je la suis en mâchant du bétel.
”
Source : Wikisource

Ernest d' Hervilly,  Mesdames les parisiennes (1875)

“ Je vous aimais, ô ma correspondante, épouse résignée d'un mari atrabilaire, blanchi sous des harnais divers, et que l'inclémence de la goutte poussait fréquemment à l'oubli des plus simples devoirs.
Je vous aimais, et, comme dit Toppfer : « Ceux qui croient qu'un amour d'écolier, pour être sans espoir et sans but, n'est pas vif et dévoué, ceux-là se trompent. » Oui, je vous adorais ! Le visage charmant de l'honnête jeune femme d'un époux vieux a de ces pâleurs et de ces mélancolies révélatrices qui vous prennent au cœur. Le veuvage d'une âme ne peut se cacher.
”
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly,  Contes pour les grandes personnes (1874)

“ Tremblevif descendit le Chemin du Moulin, traversa un pont de pierre, et vit, entre des saules difformes, gibbeux, semblables à d'énormes faucheux aux longues pattes, la Bièvre, luisante comme de l'ébène polie, qui décrivait des circuits nombreux. Il se trouvait alors près du bassin de la Glacière.
Le temps qui s'écoula entre le moment où le désespéré peintre, gelé, harassé, somnolent, pénétra dans la vallée hideuse, et l'instant où, obéissant aux lassitudes de son corps et de son âme, il se laissa tomber sur la terre, au pied de hauts peupliers, ne peut s'évaluer.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature