Ernest d' Hervilly

Résumé

Ernest d' Hervilly Contes pour les grandes personnes (1874)

Un matin, tandis que Tremblevif mettait des vigueurs dans un fort beau dessin sur bois, et que Guillaume le Vermeil, un linge mouillé en main, chantait à pleins poumons, devant sa selle :
Au cher mois de mai, Le mois parfumé, Le boulon fermé, Comme un rire éclate! Et s'ouvre dans l'air, Corolle de chair, En ce mois si cher, La lèvre écarlate!
on frappa à la porte de l'atelier.
— Entrez! cria Tremblevif; puis, quittant sa table, il alla ouvrir.
— Monsieur Guesdon? dit un étranger fort bien vêtu, d'une taille au-dessous de la moyenne, et gros comme un tonneau.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Contes pour les grandes personnes (1874)

Le délire le reprit. Un instant le médecin, l'excellent docteur Piogey, l'ange gardien des artistes, ne répondit plus de lui.
Tremblevif, pendant trois nuits, se crut transformé en paysan, et, singulièrement mélangés dans sa tête, le Coup de vent de Ruysdaël et le site triste de la Glacière formèrent le pays étrange où transi, fuyant l'orage, il erra en divaguant.
Grâce au dévouement du médecin, grâce aux soins incessants, intelligemment donnés avec un à-propos et une douceur sans pareils, de Cécile et de Guillaume, le malade reprit peu à peu son calme.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Contes pour les grandes personnes (1874)

Et moi, aveugle, ingrat, toujours perdu dans mes rêves absurdes, j'ai abandonné pour l'ombre ce coeur humble et délicat qui s'offrait à moi, et que j'ai brisé par mon cruel départ...
— Un peu de sirop d'arbouses, voulez-vous? dit M. Hobbs, cela vous remettra.
— Merci ! s'écrie Lionel, les larmes aux yeux. Ah ! le nom de ce que j'éprouve depuis que j'ai quitté Blanc-Fusain, je le sais à présent. C'est l'amour! J'aime Marine ! C'est elle, cette paysanne qui m'aurait donné le bonheur calme et durable que j'ai tant rêvé pendant ma maladie.
Source : Gallica

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