Ernest d' Hervilly

Résumé

Ernest d' Hervilly Histoires de mariages (1879)

Ce que le jeune artiste distinguait surtout dans l'agglomération des masures groupées autour des temples, sur lesquelles il planait, ce qu'il couvait d'un oeil attendri, c'était, imperceptible et perdue dans la masse générale, l'humble bâtisse cuite et recuite par le soleil où, dans l'ombre de sa chambre de jeune fille, la belle Taéï lissait sans doute ses admirables cheveux noirs, en agaçant de son peigne, avec gaieté, de temps à autre, un chat roide et pensif, juché sur un coffre et s'imprégnant de la chaleur ambiante avec gravité ainsi qu'il sied à un animal vénéré.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Histoires de mariages (1879)

En un mot, M. Bède a vidé imprudemment jusqu'à la lie la coupe des débauches en chemin de fer, et comme le froid de la nuit l'a saisi à sa sortie de la gare, M. Bède, horreur, trois fois horreur ! M. Bède est ivre comme un slave.
M. Bède est effroyablement ivre !
M. Bède, prêt à danser en ricanant la gigue, s'il le faut, sur la verte peau à coins de cuivre du noble Registre des pantalons, se répand en paroles abondantes et sans suite, au milieu de la nuit, dans les rues d'un port de mer septentrional. Il s'exclame. Il brandit son paquet gros comme une noix de coco.
Source : Gallica

Ernest d' Hervilly Histoires de mariages (1879)

Ce cri du coeur était-il arraché à M. Bède par l'espoir du baiser promis ou bien pour l'espoir du déjeuner annoncé, c'est ce qu'on ne saura jamais bien clairement.
Mais, ô dames empressées et loquaces, qui prîtes jadis dans vos mains agréables le corps jaune et potelé de M. Bède naissant, tout porte à croire, que ce modèle des hommes plein de politesse et d'égards envers les femmes, n'était transporté de joie que par la pensée d'effleurer de ses lèvres pures les joues également pures d'une demoiselle sur le retour.
– A table donc ! hurla gaîment M. Grinel.
Source : Gallica

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