Résumé

Édouard Mathey Souvenirs de l'exil : scènes de la vie intime (1871)

Et moi qui ne pensais pas au plus pressé ! Il doit avoir faim, ce pauvre enfant.
Je n'avais plus faim, car la joie me serrait à la gorge et m'empêchait d'avaler ; mais j'éprouvais une soif que trois cruchons de bière montés l'un après l'autre de la cave bien fraîche, purent à peine étancher.
M. Le Roy, comme s'il eût deviné qu'il se passait quelque chose d'inaccoutumé au logis, arriva plus tôt que de coutume. En m'apercevant, un rayon de joie passa sur sa figure fatiguée; mais je n'eus pas de peine à m'apercevoir qu'il éprouvait un profond chagrin. L'oncle Fritz le suivit de près.
Source : Gallica

Édouard Mathey Souvenirs de l'exil : scènes de la vie intime (1871)

Seulement, j'aurais préféré un bon portrait, vivant et bien réussi, à ce buste froid et blanc qui respirait la mort. A dater de ce moment, M. Meyer grandit de dix coudées dans mon estime, et quand plus tard j'eus envie de prendre en mauvaise part des réprimandes plus ou moins fondées, je n'eus qu'à penser à ce que m'avait raconté Johann pour prendre patience. Aussi, le soir de ce premier jour, quand je montai dans ma chambrette après le souper, est-ce avec un vif sentiment de sympathie que je tendis la main au patron, en lui souhaitant une bonne nuit.
Source : Gallica

Édouard Mathey Souvenirs de l'exil : scènes de la vie intime (1871)

J'y trouvai un traîneau peint aux couleurs que j'affectionnais — vert et noir — de ma mère, des patins d'oncle Fritz, un étui de mathématiques et des livres de M. Le Roy. Sous les godets servant à délayer l'encre de Chine, je n'eus pas trop de peine à découvrir le soir même quatre thalers tout neufs. Comme il n'y avait plus personne dans l'atelier et que la poche du pantalon neuf de Franz s'ouvrait béante tout à côté de moi, l'occasion était trop belle pour ne pas glisser dans le gousset de futaine deux des beaux écus.
Source : Gallica

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