Édouard Mathey, Souvenirs de l'exil : scènes de la vie intime (1871)
“ Et moi qui ne pensais pas au plus pressé ! Il doit avoir faim, ce pauvre enfant. Je n'avais plus faim, car la joie me serrait à la gorge et m'empêchait d'avaler ; mais j'éprouvais une soif que trois cruchons de bière montés l'un après l'autre de la cave bien fraîche, purent à peine étancher. M. Le Roy, comme s'il eût deviné qu'il se passait quelque chose d'inaccoutumé au logis, arriva plus tôt que de coutume. En m'apercevant, un rayon de joie passa sur sa figure fatiguée; mais je n'eus pas de peine à m'apercevoir qu'il éprouvait un profond chagrin. L'oncle Fritz le suivit de près. ”
