Alphonse Daudet

Alphonse Daudet

Résumé

Portrait de Alphonse Daudet Alphonse Daudet,  Sapho

“ Puis regardant le Provençal dont la barbe follette et les cheveux bouclés avaient le ton du sauternes dans les verres :
— Est-ce beau, la jeunesse !... Pas de danger qu’on le lâche, celui-là... Et ce qu’il y a de plus fort, c’est que ça se gagne... Elle a l’air aussi jeune que lui...
— Malhonnête !... fit-elle en riant ; et son rire sonnait bien la séduction sans âge, la jeunesse de la femme qui aime et veut se faire aimer.
« Étonnante... Étonnante... » murmurait Caoudal, qui l’examinait tout en mangeant, avec un pli de tristesse et d’envie grimaçant au coin de sa bouche.
”
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Portrait de Alphonse Daudet Alphonse Daudet,  Sapho

“ Et en lisant, les yeux brouillés de larmes, il se rappelait la même scène rue de l’Arcade, la douleur de l’amant congédié, la lettre glissée sous la porte, et le rire sans cœur de Fanny. Elle l’aimait donc plus qu’il n’aimait Irène ! Ou bien est-ce que l’homme, plus mêlé que la femme au combat des affaires et de la vie, n’a pas comme elle l’exclusivisme de l’amour, l’oubli et l’indifférence de tout ce qui n’est pas sa passion, absorbante et unique ?
Cette torture, ce mal de pitié dont il souffrait, ne s’apaisait qu’auprès d’Irène.
”
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Portrait de Alphonse Daudet Alphonse Daudet,  Sapho

“ La femme essayait d’initier Fanny à l’élevage des poules et des lapins, aux joies salubres de l’arrosage, mais inutilement.
La maîtresse de Gaussin, faubourienne passée par les ateliers, n’aimait la campagne qu’en échappées, en parties, comme un endroit où l’on peut crier, se rouler, se perdre avec son amant. Elle détestait l’effort, le travail ; et ses six mois de gérance ayant épuisé pour longtemps ses facultés actives, elle s’amollissait dans une torpeur vague, une griserie de bien-être et de plein air qui lui ôtait presque la force de s’habiller, de se coiffer, ou même d’ouvrir son piano.
”
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