Aurélien Scholl,
Les amours de cinq minutes (3e édition…
(1876)
“ Rien n'était changé. La mort avait continué sa route, laissant l'arbre à la tempête, la pierre à la goutte d'eau. Roselles saisit une branche d'arbre et enjamba la muraille. Une fenêtre de la maison était éclairée; c'était autrefois la chambre de sa mère. C'est de cette fenêtre qu'on l'appelait à l'heure du dîner. Et il n'était plus rien dans ce jardin, rien dans cette maison. Au pied de ce noyer, son père en veste grise lisait le journal chaque matin; la treille de muscat était chargée de grappes, les branches du figuier avaient débordé le mur : c'était une bonne année. ”
