Jeanne Delorme-Jules-Simon

Résumé

Jeanne Delorme-Jules-Simon Visions d'héroïsme (1915)

Des éclats d'obus l'ont terriblement « amoché », et il tient à ce qu'on le sache : ce sont des éclats d'obus. A son idée, un obus seul était capable d'avoir raison de lui. Une balle ? Allons donc ! Une balle, un petit morceau de plomb lancé par un de ces Boches qui se mettraient en vain à trois contre lui ! La guerre, ça le connaît ! Il vient de se battre pendant deux ans au Maroc !
Vantardise ! pensera-t-on. Non, simplement un enthousiasme fou de la guerre, une confiance un peu exagérée dans sa force, du moins dans sa force physique,
car sa force morale est au-dessus de la souffrance.
Source : Gallica

Jeanne Delorme-Jules-Simon Visions d'héroïsme (1915)

Elle envia presque la femme à qui incomberait la tâche de devenir l'instrument de la volonté de l'aimé. Quel rêve d'abnégation ! Servir. Servir. Comprendre dans un regard furtif, une inclination de tête ses moindres désirs, l'envelopper d'une atmosphère divinatrice, infuser en quelque sorte sa pensée dans la sienne, créer à l'infini des gestes pour lui, parer d'une suprême beauté les actes les plus vulgaires de la vie, être indispensable sans donner l'impression d'une servitude, n'avoir dans les yeux que des éclairs de reconnaissance et d'admiration pour le glorieux blessé.
Source : Gallica

Jeanne Delorme-Jules-Simon Visions d'héroïsme (1915)

Son œil s'égare, il va de nouveau s'horrifier des visions d'hôpital ; c'est qu'elle ne voit de la guerre que la douleur, le côté déprimant, mais il y a autre chose : il ne faut pas que tous les spectacles d'épouvante dont elle a été témoin effacent les visions réconfortantes, enivrantes. Des blessés, des morts, et encore des morts, mais tant de splendeur dans la mort ! Et puis, il y a les vivants frémissants, exaltés, ivres de sacrifice ; il y a tous les lauriers à récolter, il y a l'exemple à donner, l'immortalité a conquérir.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature