Renée d’Ulmès

Résumé

Renée d’Ulmès Auprès des blessés (1916)

Un être à longue barbe, au visage tanné par le soleil de l'automne dernier, durci par la gelée de Vhiver actuel, un étre vêtu d'une tunique qui semble en terre glaise, un être qui semble subir tine mytérieuse pétrification comme si, homme de
chair, il allait devenir homme de roche, voici, chère amie, ce que des mois de guerre ont fait de ton mari. Un homme de roche insensible au froid, au chaud, et, il faut bien le croire, aux éclats d'obus qui nous arrosent quotidiennement. Et l'âme et le cœur sont aussi changés, plus sensibles parce qu'ils comprennent davantage.
Source : Gallica

Renée d’Ulmès Auprès des blessés (1916)

J'étais un soldat, ma vie devait servir à défendre. Je ressentis la haine de l'ennemi. On n'éloigne pas le loup avide de carnage, on le tue afin qu'il ne détruise plus les troupeaux inoffensifs. Alors je suis devenu un bon ouvrier de guerre, faisant le plus de besogne possible. Je n'ai risqué mavie que pour en sauver d'autres. Mon bras a été la rançon du lieutenant que j'ai pu sauver et j'ai abattu trois Allemands avant d'attraper une balle dans la jambe.
Source : Gallica

Renée d’Ulmès Auprès des blessés (1916)

Mais nous connaissons l'angoisse de toutes les heures de savoir les nôtres là-bas, dans les tranchées, menant la vie rude et violente des combattants exposés aux obus meurtriers. Leurs lettres sont bien lentes à nous parvenir, alors nous les évoquons blessés, tués. Nous avons comme toutes les femmes de France notre part de douleur. Et un grand devoir s'impose à nous, soigner les blessés, accueillir les réfugiés, nous pencher sur tous les deuils et sur toutes les misères.
Source : Gallica

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