Robert Poirier de Narçay

Robert Poirier de Narçay

Résumé

Portrait de Robert Poirier de Narçay Robert Poirier de Narçay Les Filles du hasard (1891)

De ce chêne aujourd'hui tous les rameaux sont nus,
Ridés bien avant l'âge : Et les bourgeons menus
Sans être épanouis tombent fanés à terre.
Son tronc toujours puissant, qui fera plus d'un stère,
Disparaît en entier sous un lierre aux cent bras,
Qui l'étreint jusqu'au faîte et le jettera bas.
Car ce faible a tué lentement ce colosse,
Dont l'écorce s'entr'ouvre au soleil et se bosse.
Source : Gallica

Portrait de Robert Poirier de Narçay Robert Poirier de Narçay Les Filles du hasard (1891)

Le soleil est en train de former des orages Multiples dans les cieux et ses rayons mourants Tracent sur les nimbus des cordons transparents. Le paysan connaît la valeur de ce signe. Quand ses foins sont dehors il se plaint et s'indigne ; On l'entend murmurer en voyant ce tableau : « Dépêchons, le soleil là-bas tire de l'eau ». Or à l'est, au couchant, les taches en bataille Se massent dans l'azur, préparent leur mitraille, La grêle, qui fera des massacres de fruits Et couvrira le sol avec des blés détruits.
Source : Gallica

Portrait de Robert Poirier de Narçay Robert Poirier de Narçay Les Filles du hasard (1891)

Le monde est mort pour eux. Ils ont oublié tout. Dès lors ils sont heureux. L'un s'imagine avoir près de lui sa maîtresse, Dont les cheveux épais se tordent dans la tresse Qui roule sur ses reins. L'autre se sacre roi Et gouverne tout seul l'univers sans effroi. Les déments furieux tempêtent et s'agitent Sans savoir ce qu'ils font. Et les gâteux méditent Leurs dégoûtations avec ce sérieux Que les fous ont parfois. Je serais curieux De trouver des sensés chez qui l'indifférence Saurait se rendre maître ainsi de la souffrance.
Source : Gallica

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