“ « Pourquoi as-tu frappé ton ânesse ces trois fois ? Voici, je suis sorti pour te faire obstacle, car, à mes yeux, le chemin que tu suis te mène à la ruine. 33 L’ânesse m’a vu ; et elle s’est détournée devant moi ces trois fois ; si elle ne s’était pas détournée devant moi, je t’aurais tué, toi, et je lui aurais laissé la vie. » ”
ânesse
Définition et enjeux
L'ânesse, animal de trait et symbole de résilience, a traversé les siècles dans les textes sacrés, la littérature et les apologues. La Bible la présente comme un interlocuteur divin, tandis que Cajot célèbre sa simplicité naturelle et son rôle de mère.
Stevenson évoque sa présence apaisante dans les Cévennes, et Loti la place dans un cadre aristocratique. Ces approches, mêlant spiritualité, poésie et observation, révèlent une figure versatile, à la fois utile et chargée de significations symboliques.
Citations sur “ânesse”
“ On ne voit point l’ânesse, pour plaire, passer une partie du jour à se mirer, à s’embellir. Toujours belle, toujours la même, une simplicité naturelle, répand sur sa personne, tout le velouté des grâces. ”
Justin Barthélemy de Beauregard, Morale amusante en actions et en apologues… (1867)
“ Fils d'un âne et d'une cavale, Ou d'une ânesse et d'un cheval, Chose à peu près égale, On connaît ce sot animal Qui n'est au fond d'aucune espèce Avec ses oreilles d'ânesse, Son équestre stature et son puissant jarret, Et qui, par sa nature acerbe, A fait dire en proverbe : « Être entêté comme un mulet. » Un de ces animaux, au caractère hybride, Ne connaissant ni la voix ni la bride, Avait un vieux Meunier Pour maître et pour palefrenier. ”
Robert Louis Stevenson,
Voyage à travers les Cévennes avec un âne
(1901)
“ Les pins à la verdure sombre, la clairière creuse, l’ânesse broutant, tout gardait son apparence ordinaire, mais tout était baigné par la lumière qui anime les êtres et les choses d’un esprit de vie et de paix dont il éprouvait avec délices l’influence étrange. ”
“ Parfois une plus noble dame, aux bas de soie verte, aux doigts chargés de bagues, est assise sur une mule blanche, ou une ânesse blanche, qu'un serviteur tient par la bride et qui est recouverte d'une houssine frangée d'or. ”
Jean Aicard,
Le fameux chevalier Gaspard de Bresse
(1919)
“ Tu es une créature bénie. Sans doute, quand passe, près de nous, par les sentiers de colline, une jolie ânesse, tu te sens frémir d'un naturel désir, et tu lances vers le ciel un aimable" braiement qui retentit dans les échos charmés, mais ton chant reste un platonique hommage à la beauté, un hymne à la fécondité de la terre... ”
“ Pline le naturaliste, assure que lorsqu’on sépare la mère de son petit, elle passe à travers les flammes pour aller le rejoindre. C’est ici qu’on pourrait s’écrier avec raison, le chef-d’œuvre d’amour, est le cœur d’une mère. Lorsque l’ânon commence à s’accroître, à se fortifier, l’ânesse le mène toujours avec elle, lui donne de bons conseils, de bons exemples, de bonnes leçons. Elle sait que ce n’est rien que de lui avoir formé le corps, si elle ne cultive son cœur : elle y donne tous ses soins. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et comme, sous cette nouvelle forme d’animal, il récupère de nouvelles forces et de puissantes vertus, elle se métamorphose elle-même à sa guise, chaque fois, selon l’animal à qui elle a affaire, soit en jument, soit en ânesse, et se fait ainsi copuler par l’âne ou le cheval une quantité innombrable de fois. ”
“ J’ai même entendu dire à des gens dignes de foi, qu’on y voit encore des descendants de cette célèbre ânesse qui parla autrefois au prophète Balaam : c’est sans contredit la plus respectable famille du monde. ”
“ Voici que ton roi vient à toi plein de douceur, assis sur une ânesse et sur un ânon, le petit de celle qui porte le joug. " 6 Les disciples allèrent donc et firent ce que Jésus leur avait commandé. 7 Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent dessus leurs manteaux, et l’y firent asseoir. 8 Le peuple en grand nombre étendit ses manteaux le long de la route ; d’autres coupaient des branches d’arbres et en jonchaient le chemin. ”
Liévin-Bonaventure Proyart,
Claude Sousi, ou le Modèle des jeunes gens…
(1846)
“ Cause de ma mauvaise santé, de prendre le lait d'ânesse, et c'était à onze heures et demie du soir qu'il le fallait prendre. Je m'avisai de demander à M. Tronson une chambre au grand séminaire pour y coucher., avec la permission de mettre mon ânesse dans l'écurie, parce qu'il n'y en avait point dans la petite communauté. Je me souviens que ce bon Père me dit en riant, et avec son air de bonté ordinaire : Vous verrez qu'il trouvera le moyen d'entrer dans le séminaire par une ânesse ”
A C E Bellier de Villiers, Le chien au chenil : de l'amélioration des races canines… (1901)
“ Que des hybrides féconds soient nés du croisement du chien avec la louve — alliance bien plus commune que celle du loup avec la chienne, — ce n'est pas ce fait qu'il faut invoquer sérieusement pour expliquer la formation de toutes nos races canines, car il n'est pas une preuve plus valable que le croisement du cheval avec l'ânesse ou de l'âne avec la jument pour justifier la création, si diverse également, de nos races de chevaux. ”
“ Pour l’avoir de bonne qualité, il faut lui choisir une ânesse jeune, saine, bien en chair ; qui ait mis bas depuis peu de temps, et qui n’ait pas été couverte depuis. Il faut lui ôter l’ânon qu’elle allaite, la tenir propre, la bien nourrir de foin, d’avoine, d’orge et d’herbes dont les qualités salutaires puissent influer sur la maladie : avoir attention de laisser refroidir le lait, et même de ne pas l’exposer à l’air ”
Gustave-Joseph-Alphonse Witkowski, Les Accouchements dans les beaux-arts… (1894)
“ Proverbe danois (1) : A senet graaner i moders liv. og er ey des klogere. L'âne grisonne dans le ventre de sa mère et il n'en est pas plus sage. — En effet l'ânesse porte plus longtemps que les autres animaux domestiques : la brebis, 5 mois ; la vache, 9 mois ; la jument 11 mois ; l'ânesse, 12 mois. Cum mulapeperit. — Quand une mule engendrera; c'est le pendant de notre expression proverbiale: Quand les poules auront des dents, pour désigner une chose qu'on ne peut espérer, ou l'échec certain d'une entreprise. ”
Théophraste,
Les lapidaires de l'antiquité et du moyen-âge…
(1902)
“ Le sang d'un âne vivant avec de l'échinops et de l'huile, employé en Uniment, guérit la fièvre quarte. 6] Celui qui fait une bague du petit anneau de son mors et qui la porte, met en fuite les démons et détourne les fièvres.Le lait d'ânesse avec du miel non enfumé, en injection, est bon pour soigner les écoulements âcres des yeux. Le sabot de l'âne, calciné avec du lait de femme ayant eu un enfant mâle, mis sur les yeux, enlève le trachoma des paupières. 7] Si l'on dort sur une peau d'âne, on ne craint ni les démons, ni Gello [lesbienne] , ni les rencontres nocturnes. ”
Kerpelani, Le véritable et parfait bouvier moderne… (1858)
“ Lorque l'ânesse, comme la vache et la jument, rejette une partie de la liqueur que le mâle lui a fourili' pendant l'accouplement; on n'usera pas d'autre moyens que de laisser agir la nature, et on qtl tendra simplement le résultat de la monte. Une fois fécondée, la chaleur de l'ânesse cesse bientôt, et elle refuse de voir l'âne-étalon. Le foin, la luzerne, le son, l'orge cassée en petits morceaux, les herbes fraîches, sont de très bons aliments pour l'ânesse qui est pleine, pourvu toutefois qu'ils soient de très bonne qua- rts. ”
Comtesse de Ségur,
Mémoires d’un âne
(1860)
“ Vous verrez, mon cher petit Maître, comment moi, pauvre âne, et mes amis ânes, ânons et ânesses, nous avons été et nous sommes injustement traités pas les hommes. Vous verrez que nous avons beaucoup d’esprit et beaucoup d’excellentes qualités ”
[(Ars classica. )XIV. Monnaies grecques… (1929)
“ Très beau. 173 16,65 JR2* ...HlM- Anesse à d., tenant dans sa bouche une grappe de raisin par le cep. Carré creux partagé en quatre triangles par des diagonales en relief. Noë 17. Bab. pl. 314, 9. T. B. 174 16 74 M21 NOIAA-NIM- Mulet ithyphallique à d. Carré creux. Noë 18. Bab. 1. 1621. T. B. 175 16,86 iïl29 450-405. Anesse debout à d. Sur son dos, un silène, demi-nu, à demi étendu à g., tenant un canthare; le dieu a une grande tête, une longue barbe et une jambe repliée. L'ânesse broute une branche de lierre; devant elle, une plante de lierre sur laquelle est perché un corbeau à d. n. ”
Charles-Marie Leconte de Lisle, Poëmes antiques (Édition nouvelle revue & considérablement augmentée… (1874)
“ Je veux Baiser le lin de tes cheveux, Presser la pourpre de tes lèvres ! L'amour, au clair soleil d'été, Avec l'alouette a chanté. V. ANNIE. La lune n'était point ternie, Le ciel était tout étoilé ; Et moi, j'allai trouver Annie Dans les sillons d'orge & de blé. Oh ! les sillons d'orge & de blé! Le coeur de ma chère maîtresse Etait étrangement troublé. Je baisai le bout de sa tresse, Dans les sillons d'orge & de blé. Oh ! les sillons d'orge & de blé ! Que sa chevelure était fine ! Qu'un baiser est vite envolé ! Je la pressai sur ma poitrine, Dans les sillons d'orge & de blé. Oh ! ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Australie (1869)
“ Ce qui nous console, c'est qu'en nous faufilant tous deux à travers les lianes, en nous traînant sur les pieds et les mains dans les herbes, nous arrivons jusqu'à une petite anse sauvage d'où un chant étrange avait de loin frappé nos oreilles. ”
auteur:Cheikh Nefzaoui, Le Parfum des prairies,
“ D’après le Coran Dieu a dit : Si tu es monté sur un cheval, un mulet ou un âne, Dieu est avec toi. Si l’âne quitte le galop pour marcher l’amble, ta bonne chance s’éloigne ; si l’âne marche tout à fait mal, la misère t’enveloppe ; et si l’âne tombe et que dans ta chute ton turban se détache de ta tête, tu es perdu. Celui qui rêvera encore qu’il marche la tête et les pieds nus, perdra sa femme dans l’année. Mais revenons au zouque. ”
Lydia Spark, Les bêtes d'esprit de mistress Prosser… (1889)
“ Qui voudrait être un âne? dit en passant la tête par-dessus la barrière pour le mieux voir, une vache qui paissait dans une des prairies voisines. - Qui voudrait être un âne? dit un monsieur tout vêtu de noir, qui suivait la route d'un air pensif, les mains derrière le dos, la canne sous le bras. ”
Louis Antoine Léon de Saint-Just, Œuvres complètes de Saint-Just
“ Et cependant le nerveux pénaillon De la chair dure agitait l’aiguillon. Amour, dit-il tendrement en lui-même, Entre mes bras assoupis ce que j’aime. Il s’agenouille ; au premier coup de rein, La Belle saute, et s’éveille soudain. Elle s’éveille, ô fantôme ! ô surprise ! Un âne en pleurs, un âne à ses genoux ! Ses sentimens, qu’il rendait à sa guise, Dans ses regards je ne sais quoi de doux, L’air de vertu, de honte, de franchise, Et ne sais quoi qui toujours sympathise, Font soupçonner à l’avide Beauté L’enchantement, Sornit, la vérité. Au cou de l’âne elle vole en liesse. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ ÂNÉE. s. f. La charge d’un âne, ce qu’il porte à chaque voyage. Asini onus. Une ânée de vin, une ânée de fruits. Ce mot n’est en usage qu’à la campagne, & dans les provinces. ☞ C’est aussi une mesure de grains & de vin dans quelques endroits, comme dans le Lyonnois, où l’ânée de vin contient 80 pintes, & l’ânée de grain, six bichets du poids de 50 livres chacun. ”
“ Or, si c’est là ce que tu dois être vis-à-vis de ton corps, vois ce qu’il te reste à être vis-à-vis de toutes les choses qu’on n’acquiert qu’à cause de son corps. Si ton corps est un ânon, tout le reste n’est que brides, bâts, fers pour les pieds, orge et foin à l’usage de l’ânon. ”
Adjutor Rivard,
Manuel de la parole
“ Je parle ici de l’âne des champs, de cet âne flâneur et laborieux, esclave sans être asservi, sobre et sensuel, dont l’oreille reçoit le bruit dans tous les sens, sans que l’esprit bouge, dont l’œil mire tous les objets sans que l’âme se soucie. ”
Henri Cozic, Martyre, sur la tombe de Mme M.… (1863)
“ Et son bras caressant, de l'ange qui repose Comme un lierre aimant, enlace les contours, Et sa lèvre va prendre à ses lèvres de rose Un baiser qui renaît toujours ! 0 des premiers baisers ivresse sans pareille ! L'ange n'a pas de fleur dans les jardins du ciel. ”
comtesse de Sophie Ségur, Les Mémoires d'un âne
“ Messieurs et mesdames, dit le maître, j'ai l'honneur de vous présenter MIRLIFLORE, le prince des ânes. Cet âne, messieurs, mesdames, n'est pas si âne que ses confrères; c'est un âne savant, plus savant que beaucoup d'entre vous: c'est l'âne par excellence, qui n'a pas son pareil. ”
Georg Büchner, ''La Mort de Danton : drame en trois actes et en prose…
“ L’âne dit tout aux gens, leur âge, le nombre de leurs enfants, leurs maladies ! Aucune fraude, tout provient de l’éducation ! L’âne a une raison bestiale, il a aussi une bestialité raisonnable, il n’est pas bête comme les hommes, en exceptant l’honorable assistance. L’âne marche droit, tire un coup de pistolet, est musicien. (L’âne trompette de nouveau.) Messieurs et Mesdames ! On voit ici l’âne astrologique, le cheval romantique, le singe militaire ! Entrez, Messieurs et Mesdames, on commence à l’instant. ”
Anacréon,
— XX. À une jeune fille.
“ Je voudrais devenir une eau limpide pour baigner ton beau corps ? Je voudrais devenir essence, ô ma maîtresse ! afin de te parfumer ! Que je sois la bandelette de ta gorge, la perle, ornement de ton cou ou seulement ta chaussure pour être au moins pressé par tes pieds délicats. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
“ De temps en temps, vous brairez et je brairai aussi, et il n’est pas possible que l’âne ne nous entende et ne nous réponde, s’il est encore dans le bois de la montagne. — En vérité, compère, s’écria le maître de l’âne, la ruse est excellente et digne de votre grand génie. ”
Théodore Lorin, Fables (1850)
“ FABLE XIII. I/Aae et la VMte. Un âne, un jour, trouva par terre Une flûte : aussitôt l'animal curieux De tous côtés la retourne et la flaire. En la flairant, il souffle : un ut mélodieux Sortit de l'instrument sonore. « Que les envieux, les méchants, S'écria le baudet, viennent redire encore Que les ânes sont lourds, stupides, ignorants. » « Orgueilleuse et vile pécore ! Interrompit un vieux renard , Ne fais pas sottement honneur à ton génie D'un son produit par le simple hasard. » Mes chers frères en poésie, N'avons-nous donc jamais partagé la folie De l'orgueilleux Aliboron? ”
Émile Genest,
Miettes du passé : cent dictons populaires français
(1913)
“ Dans ces dernières catégories, il convient de classer ceux qui font l'âne pour avoir du son, ou du chardon, c'est tout comme. N'at-on pas dit d'ailleurs que Tout flatteurVit aux dépens de celui qui l'écoute1? Réflexion faite, quel est le plus âne des deux, lequel mérite mieux le nom de « bête », celui qui singe l'âne pour avoir du son, ou celui qui est assez « bête » pour fournir le son ? 1. La Fontaine, Le Corbeau et le Renard, livre I, fable 2. Tout ce qui qui brille n'est pas or. ”
Le P. Estrate, Vie de soeur Marie de Jésus crucifié… (1913)
“ Souvenez-vous que l'ange écrit vos soupirs, vos pas et tout... Je t'appellerai fille chérie, si tu fais tout pour l'amour... L'âme qui porte le nom de l'Agneau, la terre, les rochers, tout tremble devant elle. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Âne. Si on voit courir un âne, présage de malheur ; si on le voit en repos, caquets et méchancetés ; si on l’entend braire, inquiétudes et fatigues. Arc-en-ciel. Vu du côté de l’orient, signe de bonheur pour les pauvres ; du côté de l’occident, le présage est pour les riches. Argent trouvé, chagrin et pertes ; argent perdu, bonnes affaires. Bain dans l’eau claire, bonne santé ; bain dans l’eau trouble, mort de parents et d’amis. Belette. Si on voit une belette en songe, signe qu’on aura ou qu’on a une méchante femme. Boire de l’eau fraîche, grandes richesses ; boire de l’eau chaude, maladie ”
Henri Pauthier, Au village : poésies (1900)
“ Les vieux ânes s'en vont, dressant comme des cornes, Tristement, gravement, leurs oreilles au vent, Baissant obstinément leurs grands yeux las et mornes Qui semblent attachés à leurs pieds de devant. Parfois, tout en marchant, leur voix qui râle et siffle Se démène à travers leurs gosiers trop étroits, Et l'on entend de loin cette voix qui reniffle Un même air lamentable et comique à la fois. ”
Héliodore d’Émèse, Romans grecs
“ Je suis sûr que vous approuverez l’invention : tuons l’âne ; c’est un paresseux ; il fait maintenant le boiteux, sans compter qu’il a été l’agent, le complice de la fuite de la donzelle. Égorgeons-le donc demain matin, retirons du ventre et jetons dehors tous les intestins, et logeons-y cette honnête pucelle, la tête hors de l’âne, de peur qu’elle ne soit trop vite étouffée, et tout le reste du corps caché dans l’intérieur. Quand elle sera bien établie, bien cousuq dans son âne, traînons-les tous les deux au large, et offrons aux vautours ce festin d’un nouveau genre. ”
Maurice Magre, La montée aux enfers (1918)
“ La Parque de la terre et qui file la chair Lui prodigue toujours son haleine gâtée Et ses reins réguliers et forts comme la mer. {32} L’ANE A CORNES SUR LA TOUR L’âne à cornes gravit l’escalier de la tour, Sur les dalles faisant sonner ses sabots lourds... Les nains au corset bleu, les courtisanes grecques, Les eunuques, les ruffians et les évêques, Les mendiants, les sorciers, les nègres, les imans, Avec les bracelets, les croix, les talismans, Regardent sur la place, immobiles, la bête Dont le vent fait gonfler la robe violette Et demeurent figés, épouvantés, muets. ”
