Henri Pauthier

Henri Pauthier,  Au village : poésies (1900)

“ Comme au soleil les ruches blondes, Bourdonnez, nos rouets aimés, Pour qu'en avril la toile lisse De sa pâle neige fleurisse L'ombre des buffets embaumés.
— Dites-nous, belles aux yeux doux, Ah dites-nous, qu'en ferez-vous ?
Nous en broderons un beau voile Pour la Vierge et l'enfant Jésus Et l'on verra briller dessus, En perles d'or, plus d'une étoile.
— Filez, belles, filez le lin Pour la Vierge et l'enfant divin.
— Nous en ferons de blanches nappes Où le dimanche, assis en rond,
Les gars, nos amoureux, boiront A plein verre le sang des grappes.
”
Source : Gallica

Henri Pauthier,  Au village : poésies (1900)

“ Il bénit la lumière, et songeant que peut-être C'est son dernier printemps, hélas I qui vient de naître, Rève, avant de s'éteindre en un dernier frisson De voir encore croître et jaunir la moisson.
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Cependant le jardin plein de soleil l'invite. Au seuil du printemps rose il a peur, il hésite, Comme si sous ses pas le sol allait trembler. Hélas ! il est si vieux qu'il n'ose se mêler A la jeune gaîté d'avril qui vient d'éclore, Ni, si près de la nuit, regarder vers l'aurore. Mais le jardin splendide est comme un paradis
”
Source : Gallica

Henri Pauthier,  Au village : poésies (1900)

“ Des parcelles de brise, errantes sous l'azur,
Hantent dans les vergers le sommeil des feuillages
Où les oiseaux blottis ont tu leurs babillages,
Et détachent dans l'air une odeur de fruit mûr.
A peine si l'écho de la rumeur des plaines, Comme les bruits du large arrivant jusqu'au port, Aborde par instants au village qui dort Bercé par le murmure expirant des fontaines.
La Teillée
Voici la saison des veillées ; C'est le temps des longues teillées, Et dans les hameaux chaque soir, Près de l'âtre, au fond des cuisines, Tous les voisins et les voisines A la ronde viennent s'asseoir.
”
Source : Gallica

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