Henri Pauthier

Résumé

Henri Pauthier Au village : poésies (1900)

Le chaume des maisons au soleil irradie, Et le hameau désert qui semble inhabité, Enseveli sous la fournaise de l'été, Flambe comme en un vaste et muet incendie.
Toute rumeur s'éteint, et seul dans l'air de feu Le cri des coqs, comme un âpre chant de victoire, Déchire le silence, et monte dans la gloire De l'azur qui frisonne au loin, comme un lac bleu.
Rigides dans l'or du soleil, au seuil des portes, Les aïeules, l'hiver, gardiennes des brasiers, En clignant vaguement leurs yeux extasiés,
S'éternisent dans leur rêve, comme des mortes.
Source : Gallica

Henri Pauthier Au village : poésies (1900)

Des parcelles de brise, errantes sous l'azur,
Hantent dans les vergers le sommeil des feuillages
Où les oiseaux blottis ont tu leurs babillages,
Et détachent dans l'air une odeur de fruit mûr.
A peine si l'écho de la rumeur des plaines, Comme les bruits du large arrivant jusqu'au port, Aborde par instants au village qui dort Bercé par le murmure expirant des fontaines.
La Teillée
Voici la saison des veillées ; C'est le temps des longues teillées, Et dans les hameaux chaque soir, Près de l'âtre, au fond des cuisines, Tous les voisins et les voisines A la ronde viennent s'asseoir.
Source : Gallica

Henri Pauthier Au village : poésies (1900)

Un radieux sourire illumine l'espace, Et l'on sent palpiter dans le vent frais qui passe Les parfums de l'épine en fleur et du lilas. Dans l'air bleu plongent les hirondelles; là-bas Une bergeronnette au bord du puits posée, S'égosille, d'azur et d'aurore grisée ; Et, comme un bruit de fleuve, au fond des clos voisins, Ronfle joyeusement la chanson des essaims. Devant l'horizon clair et la verte étendue Le vieil Eloi se sent l'âme tout éperdue, Et comme au bord d'un gouffre il chancelle ébloui. Un tiède frisson court dans son sang réjoui, Et voici qu'il sourit comme un enfant
Source : Gallica

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