Résumé

Louis Mercier Au pays comtois. Les Saxifrages… (1894)

Fuyant Besançon, la cite guerrière, J'allais un matin, sur les bords du Doubs, Ecouter des nids l'hymne printanière Et revoir de Mai le réveil si doux.
Le grand soleil d'or versait sa lumière ; Calmes, humant l'air, paissaient les boeufs roux. D'amour tressaillait la nature entière ; La terre et les cieux disaient : — Aimez-vous!
J'emperlais déjà les vers d'une eglogue Quand, moqueur contraste, en les près fleuris Je vis manoeuvrer de pauvres conscrits :
Et brutal, un chef, de sa voix de dogue, Leur criait fouettant leurs chevaux cabrés: A droite pointez, à gauche sabrez !...
Source : Gallica

Louis Mercier Au pays comtois. Les Saxifrages… (1894)

Notre Comté rayonne et se pare de fleurs, Plus limpide, le Doubs caresse ses rivages : Oh ! venez respirer de nos vieux monts sauvages La résineuse brise et les âcres senteurs.
Venez! La Séquanie, Ecosse de la France. Du pays d'Ossian a la magnificence. Amants du merveilleux, ensemble nous irons Surprendre le matin, dans leurs grottes, les fées. Ou, sur le bord des eaux, les ondines coiffées D'iris, de nénuphars et de frais liserons.
Source : Gallica

Louis Mercier Au pays comtois. Les Saxifrages… (1894)

LES BORDS DU DOUBS
Ainsi que Moreau fut epris de sa Voulzie.
Moi. rêveur ignoré. Je veux chanter aussi l'intense poésie
De mon Doubs adoré.
De mon beau Doubs comtois! - Vesperest moins limpide
Que le cristal changeant De son onde effleurant la chevelure humide
Des longs saules d'argent.
Qu'il est capricieux en sa route indécise.
Ondulant par les près. Scintillant au soleil, caresse par la brise.
Mon Doubs aux flots moires !
Dans le dedale abrupt de nos monts, quand il rôde
Et miroite indolent, Il semble une couleuvre aux anneaux d'émeraude.
Source : Gallica

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