Louis Mercier, Au pays comtois. Les Saxifrages… (1894)
“ Fuyant Besançon, la cite guerrière, J'allais un matin, sur les bords du Doubs, Ecouter des nids l'hymne printanière Et revoir de Mai le réveil si doux. Le grand soleil d'or versait sa lumière ; Calmes, humant l'air, paissaient les boeufs roux. D'amour tressaillait la nature entière ; La terre et les cieux disaient : — Aimez-vous! J'emperlais déjà les vers d'une eglogue Quand, moqueur contraste, en les près fleuris Je vis manoeuvrer de pauvres conscrits : Et brutal, un chef, de sa voix de dogue, Leur criait fouettant leurs chevaux cabrés: A droite pointez, à gauche sabrez !... ”
