Marguerite Burnat-Provins 

Résumé

Marguerite Burnat-Provins  Le Chant du Verdier (1906)

Le Vent : Verdier, sais-tu qu’il y a des hommes riches dans les plaines ? À cette heure, ils dorment !
Le Verdier : Tais-toi, la fleur du noisetier me tourne la tête, ohé Printemps !
Le Majenson : Avez-vous vu l’abricotier de Patience ? Non, alors vous n’avez rien vu, c’est comme un feu d’artifice.
Le Chemin : Quatre petites filles qui passent portent dans leurs bras quatre cabris et c’est bon de les voir ! Le cœur des cabris bat très fort, les bras des petites filles tremblent, leurs joues sont rouges comme le drapeau de la procession, et elles soufflent !... Où allez vous, les enfants ?
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Marguerite Burnat-Provins  Le Chant du Verdier (1906)

On n’entendra ni les roues geignantes du char, ni les sabots frappeurs du mulet. Comme toi personne ne travaille, c’est une belle journée, et Jaune aura peut-être un morceau de lard pour son dîner.
Mais vos amours se faneront comme les ancolies que les frelons épuisent, comme les iris qui, déjà, sont à l’agonie. Tu as entendu la faux mâcher l’herbe du pré pour te faire un tapis neuf où tu puisses t’étendre, cela veut dire que l’heure est proche où Printemps va nous quitter. Tu ne l’entendras plus rire en caressant les églantines, tu ne sentiras plus son haleine fraîche dans le vent.
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Marguerite Burnat-Provins  Le Chant du Verdier (1906)

Cependant, sur le seul pieu qui reste d’une clôture disparue, le Verdier chante, et Printemps se rassure. Au bord des lacs, d’un doigt léger, il ouvre les calices rutilants des renoncules, sème dans l’herbe bise des violettes blêmes, plus petites que celles d’en bas, conduit des cortèges d’hépatiques autour des pierres seules, et puis il redescend.
En dessous les bois ont une autre vie. Là se tient, après la pluie, la morille fauve, divisée comme un rayon de miel, là les filles passent et perdent, en tricotant, des bouts de laine bleue.
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