Henri Vendel, Lorsque l'enfant portait le monde (1945)
“ C'est un mauvais compas à mesurer le monde que des jambes d'enfant : elles amplifient tout. Chaque fois que j'ai voulu remettre mes pas dans mes pas les mesures n'ont plus coïncidé. Parce que j'ai grandi d'un mètre, tout l'univers s'est rapetissé. Le sentier commençait par bondir à travers des rochers hérissés d'ajoncs. Que cette terre aimait jouer ! Ce n'était plus du tout comme celle du Mesnil, qui se contentait de me porter, toujours d'humeur égale. Celle de la Canée me donnait des bourrades, elle m'entraînait à courir plus vite, jusqu'au moment où, brusquement, elle m'arrêtait. ”
