Pierre Mille

Pierre Mille

Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Caillou et Tili (1911)

L’oncle, au bout de quelques semaines ou de quelques jours, éprouve, sans même le savoir, le désir de se retrouver solitaire, de chasser, de pêcher, de se promener librement derrière son chien, d’entendre tranquillement chanter l’oiseau qui est dans la cage, et de causer avec la cuisinière. Il cause avec elle de Caillou, du reste, de la maman de Caillou, et de tout ce qui touche à Caillou. Son âge le porte à aimer le souvenir plus que l’action, et même à craindre l’avenir. C’est ce qu’il appelle « aimer les siens », et c’est peut-être en cela qu’il est un égoïste, comme on le dit.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Caillou et Tili (1911)

Mais il ne faut pas qu’il dorme, il faut voir si l’hémorragie ne continue pas.
— Ne parle pas, Caillou, c’est défendu, mais on va te parler.
Et on lui parle, on lui parle, on lui dit n’importe quoi. On a détaché le bandeau qui voilait son regard, ses beaux yeux bruns suivent les objets qu’on fait danser devant lui, les gestes, les allées et venues ; il cherche à s’amuser, puisque c’est le but de sa vie, quand il ne mange pas, quand il ne dort pas. Puis une bonne arrive avec un seau de fer-blanc, un seau monumental, impressionnant.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Caillou et Tili (1911)

Caillou sent comme avec des tentacules invisibles et délicats s’il plaît ou s’il ne plaît pas, si on le comprend, surtout quand il est en apparence incompréhensible. L’orgueil, la tendresse, l’amour-propre, le besoin d’être le premier dans les préoccupations, tout ce qui fait l’amour excepté l’éveil des sens, il l’a. Et dans son vocabulaire, les mots qui sont les seuls, les mots qui plus tard toujours lui suffiront, baisers, caresses, chagrin, peine et plaisir, il les connaît, et l’on dirait qu’ils ont déjà chez lui plus de retentissement que les autres.
Source : Gutenberg

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