Charles Silvestre

Charles Silvestre

Résumé

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Le voyage rustique (1929)

Le bourg, avec ses masures déjetées, est ce que le font le soleil, la pluie et le vent. Il appartient aux puissances de l'air ; ce n'est pas en vain qu'il est bâti sur la terre nue.
Ce soir d'octobre est sans nuages, si translucide qu'au-dessus du buisson jauni on peut voir danser à trois pas un moucheron. Le soleil penche vers les toits qui resplendissent ;
l'ombre des arbres tourne dans l'herbe rase de la prairie. Des appels et des abois montent du fond de la vallée. L'orme géant apparaît dans sa masse, plein de ciel et brûlant d'air bleu.
Source : Gallica

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Le voyage rustique (1929)

A l'écart, au milieu d'un pré, où paraissait grésiller et se tordre un pommier dans un invisible feu, était sise une masure, accrochée à la terre battue. Une lucarne l'éclairait mal, un portillon s'ouvrait sur une longue pierre plate, jetée là, en guise de marche. Dans la cour, une poule noire s'était réfugiée, sous le hangar, à l'abri d'une pile de fagots. Elle se tenait sur une patte, repliant l'autre dans la plume du jabot, et, près de la crête violacée, ne bougeait, sur la lentille de l'œil, qu'une membrane vive.
Source : Gallica

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Le voyage rustique (1929)

Aucun rayon ne dessinera l'ombre d'un arbre au cadran de la prairie. La houppe du chardon ne bouge pas ; le vent ne peut ouvrir les quatre portes de l'horizon. Un lutin des bois en a volé la clef et il se cache dans un genévrier. Un bruit d'eau secrète émeut à peine l'air du soir. Quelques ajoncs retiennent une fleur d'or, parcelle d'une grande richesse perdue. L'oiseau d'hiver, une braise au jabot, saute de brindille en brindille. Là-bas, au flanc d'un coteau, ce champ labouré est cousu comme une pièce de drap neuf ; çà et là, le vieux paysage est tout rapiécé.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature