Benjamin Rabier

Résumé

Benjamin Rabier,  Fables comiques (1928)

“ Dix pas plus loin, un paysan écrasait de son
gros sabot le pauvre escargot qui dormait béatement au fond de sa coquille, et,
lorsque Serpolet eut détaché les yeux de ce vilain spectacle, ce fut pour apercevoir un gamin qui faisait rouler devant lui comme une boule le malheureux hérisson. La boule piquante roula sur l'herbe, dévala sur la pente de la prairie, vint tomber dans l'étang et ne reparut pas à la surface de l'eau. Triste fin pour la pauvre bête !
— Décidément, pensa Serpolet, j'aime mieux mon gîte : comme plancher j'ai la terre, comme plafond j'ai le ciel, que me faut-il de plus ?
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Fables comiques (1928)

“ Entendu, maître Renard, je vivrai dans tes dépendances.
Et le Furet partit à l'aventure en se disant, à part soi : « Avezvous entendu ce matois, ce roublard, ce donneur de conseils? Je sais pourquoi il veut que je chasse
dans ses parages : quand j'entre dans un terrier pour saigner un lapin, je mets tous les autres en fuite, et le rusé n'a plus qu'à choisir sa victime parmi les fuyards. Conseil d'ami, dit-il? Oui : conseil intéressé, devrait-il dire, où la duplicité tient lieu d'amitié. » Le Furet en était là de ses réflexions lorsqu'il rencontra maître Blaireau.
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Fables comiques (1928)

“ Tu vois venir de loin tes ennemis, le chasseur ou le renard ; tandis que pour moi, le plus terre à terre des oiseaux aquatiques, il suffit d'une touffe d'herbe, d'une pierre ou d'une taupinière pour me cacher l'horizon.
« Et sur l'eau, quel avantage tu as
sur moi ! Qu'est-il de plus pratique que ton long bec admirablement effilé ? Avec un bec comme le tien, je ne ferais aucun effort pour happer le poisson au fond de la rivière. Ce serait merveilleux. »
”
Source : Gallica

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