Charles Silvestre

Charles Silvestre

Résumé

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Prodige du cœur (1954)

Au milieu de la cour, dans le bassin de granit, un point d'eau brillait, une noisette de feu sous le soleil. L'air s'emplissait d'une grande paix et le soir qui s'avançait sur la vallée ouvrait une aile au plumage enflammé. Un battement fin, une légèreté inouïe, comme d'un oiseau tout-puissant qui se pose un moment à terre, et il
saisit le cœur, car, peut-être, on ne le verra plus.
Claire attendait d'habitude Simon sur le seuil de la maison; mais, cette fois, elle prit le chemin qui descendait vers le pont de Chanaud.
Source : Gallica

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Prodige du cœur (1926)

Pour la première fois, Simon s’éloignerait d’elle, par cet aveu, quoi qu’elle fît; la vérité ne pouvait être diminuée, trahie. Elle demandait à Dieu du courage. Bientôt elle reprit son travail; Tant-Belle se coucha à ses pieds. Elle n’accomplissait qu’une besogne machinale et se demandait comment elle parlerait à Simon de tant de choses qui lui faisaient peur à elle-même.
Au dehors, le vent tourna, lava le ciel comme une eau; les nuages devenaient blancs et se perdaient à l’ouest. Le soleil parut et se glissa jusqu’à la grange où travaillait Claire.
Source : Gutenberg

Portrait de Charles Silvestre Charles Silvestre Prodige du cœur (1954)

Vous savez, Jeannette et toi, Simon, commença Claire, que des fées habitent sous les pierres du moulin de Chanaud. Elles vivent, le jour, au fond de l'eau où elles se couchent et flottent comme une fumée. Elles savent tout.
Elles dansaient au soleil, lorsque les Ages étaient couverts de bois, de fougères et d'ajoncs bâtards. Elles ont vu se lever le premier matin du monde, et briller à la pointe des plantes la première rosée. Presque toujours, elles sont bonnes. Elles ne sont pas jalouses de la terre ni de l'argent, mais de l'amour
Source : Gallica

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