Charles Silvestre,
Belle Sylvie
(1925)
“ Les gens de Bonnal s’étaient réjouis pendant trois jours. Le vin répandu à flots avait baigné les quartiers de viande ; les danses, bourrées, pelélé, aigue de rose, tisonnèrent le bon plaisir. Cette liesse marqua le printemps de l’an de grâce 1788. La lune d’amour était toujours dans son plein quand l’automne arriva. On le vit briller, çà et là, dans la toison des châtaigneraies. A la faveur du soleil et des pluies mêlées, la colline, la vallée de Gartempe, s’ouvrirent aux forces de la couleur.Souvent, Claude d’Argé montait à cheval ; Sylvie, assise sur une jument blanche, l’accompagnait. ”
