Résumé

Jules Girardin Quand j'étais petit garçon (2e éd… (1886)

MA PREMIÈRE PIPE
QUAND J'ÉTAIS PETIT GARÇON, j'étais tout à fait mortifié de n'être encore qu'un petit garçon, et je me creusais la cervelle pour tâcher de ressembler à un homme.
J'aurais donné tous mes joujoux, tout le contenu de ma tirelire et tous mes livres, surtout mes livres de classe, pour grandir subitement, pour porter des faux-cols, comme
mon père, des moustaches, comme le capitaine Colonier, des bottes molles, comme les officiers de chasseurs, une grosse chaîne de montre et un paquet de breloques, comme M. Séraphin, l'avoué, ou bien encore un lorgnon.
Source : Gallica

Jules Girardin Quand j'étais petit garçon (2e éd… (1886)

« Si l'autre ne parle pas, il faudra que tu parles. S'il s'agissait de te laisser punir pour ne pas dénoncer un camarade, je te dirais : laisse-toi punir. Mais il s'agit d'empêcher une injustice criante, parle, c'est ton devoir. Pour empêcher ce brutal d'abuser de sa force, j'irai t'attendre à la sortie de l'école.
— Oh non! papa, repris-je vivement; ne viens pas m'attendre; les camarades diraient que j'ai « caponné » et ils me mettraient en quarantaine. J'aime mieux recevoir une pile que d'être mis en quarantaine. »
Source : Gallica

Jules Girardin Quand j'étais petit garçon (2e éd… (1886)

« Quand je serai grand et que toi, tu seras toute petite, je ne te lâcherai jamais la main pour que tu ne tombes pas. » Tout le monde se mit à rire, et quand je demandai d'un air étonné pourquoi l'on riait, mon père m'expliqua que, si les enfants deviennent des grandes personnes, les grandes personnes ne deviennent jamais des enfants.
Cela me parut bien drôle; mais comme j'avais l'habitude de croire tout ce que me disaient mes parents, je crus ce que me disait mon père. Je suis devenu grand, et même
vieux, et je n'ai pas l'occasion de donner la main à Jeannette pour l'empêcher de tomber.
Source : Gallica

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