Jules Girardin

Résumé

Jules Girardin La disparition du grand Krause (1880)

Mon père ne me dit rien non plus ; mais je crus deviner, à un je ne sais quoi, qu'il n'était pas aussi mécontent que ma mère.
On dit que le temps est l'étoffe de la vie ; je le veux bien, mais il faut convenir que c'est une singulière étoffe, et qu'il est bien difficile de la mesurer à l'aune. Comme je continuais à perler et que je passais tous mes moments de loisir avec Strecker et avec la bonne petite Marien, le temps me paraissait très court. Quand je regardais en arrière et quand je pensais que nous ne savions encore rien sur Krause, le temps me paraissait très long.
Source : Gallica

Jules Girardin La disparition du grand Krause (1880)

On ne parla pas bruyamment, et on ne porta point de santés.
Quand le souper fut fini, mon père resta pour fumer une pipe avec le père Strecker; ma mère me ramena à la maison parce qu'il était déjà tard.
Le ciel était sillonné à chaque instant de grands éclairs de chaleur; je sentais que ma tête était un peu lourde, et j'avais dans le cœur comme un fond de tristesse, sans doute parce qu'après la bonne soirée que je venais de passer, le souvenir du père Wœchter et de Marien m'était revenu tout d'un coup.
Source : Gallica

Jules Girardin La disparition du grand Krause (1880)

Je guettai le moment où le père Wsechter se penchait sur les ardoises de la seconde division, et je me tournai vivement du côté de Strecker.
Il y a des figures qui sont belles naturellement, par suite de la forme matérielle et de l'harmonie des traits. Il y en a d'autres qui ne sont belles qu'accidentellement, sous l'empire d'une noble émotion ou d'une passion généreuse. Pour ma part, j'ai toujours préféré de beaucoup la seconde espèce de beauté à la première. Plus je vieillis, plus je lis, plus je pense, et plus aussi je me confirme dans cette opinion.
Source : Gallica

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