Jules Girardin

Résumé

Jules Girardin Les Braves Gens (1873)

Personne n’y fait attention et l’on s’avance toujours d’une course furieuse. On est si près maintenant que Jean voit l’heure au cadran du vieux clocher ; il a l’esprit tellement libre qu’il remarque que l’horloge est arrêtée. Une effroyable décharge l’avertit du danger sans le faire dévier d’une ligne. Sa lèvre supérieure se relève comme s’il riait d’un rire ironique ; il éprouve un impérieux besoin de se mesurer avec quelqu’un de visible ; il a soif de sang, et chose horrible, il trouve cela tout naturel ; il voit déjà l’endroit par où il entrera dans le village.
Source : Wikisource

Jules Girardin Les Braves Gens (1873)

« Lieutenant ! reprit-il en riant, comme si ce mot avait la vertu de l’égayer plutôt que tout autre. Tous les Français sont lieutenants, n’est-ce pas, madame, quand ils ne sont pas colonels ? Moi, je suis un lieutenant. » Et il se leva pour faire admirer sa personne. Il siffla quelques mesures de la Marseillaise, et dit d’un ton dédaigneux : « Qu’est-ce que c’est que ça un lieutenant français ? »
Mme Defert indignée lui répondit avec vivacité : « Un lieutenant français, c’est un homme qui sait quels égards on doit à une femme, à une mère en deuil ! »
Source : Wikisource

Jules Girardin Les Braves Gens (1874)

La gaieté est, dit-on, la fleur de l'esprit ; elle est aussi la marque extérieure d'une conscience paisible et satisfaite. Mme Defert sent qu'elle n'a pas besoin de commenter ces lettres pour y découvrir un sens caché ou des sous-entendus ; elle n'a pas besoin de lire entre les lignes. L'âme de Marthe n'a point de secret ; elle est franchement heureuse, comme une âme à qui il a été donné d'atteindre le but qu'elle avait rêvé, et qui n'y a trouvé ni désenchantement ni mécompte. Une chose que Marthe ne songe même pas à dire, c'est tout le bien qu'elle fait autour d'elle.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature