Jules Girardin

Résumé

Jules Girardin Fausse route (1897)

« Attrape ! Panade, » et il lui jeta son sac.
« Le mien aussi! » dirent à la fois Sauterot II et Sauterot III.
Et Panade les suivit où il leur plut d'aller, traînant la jambe, et chargé comme un baudet, pendant qu'ils s'en allaient, le nez au vent, les mains dans les poches.
« Hue! bourriquet! » criaient les passants mis en belle humeur par la mine piteuse de Panade.
Un autre jour, Sauterot II, qui était gourmand, aperçut par la fenêtre de l'office, en passant devant la maison de M. Lagarde, un magnifique nougat, destiné à célébrer un anniversaire.
Source : Gallica

Jules Girardin Fausse route (1897)

Edmond, qui était regardé autrefois comme un élève laborieux, passait des mots, et même des phrases entières dans ses thèmes et dans ses versions. Le professeur le regardait d'un air inquiet et se disait : « Il n'a plus la tête à ce qu'il fait.
« Lagarde, votre leçon ! »
Lagarde se levait en sursaut, se dandinait d'une jambe sur l'autre et fixait des regards stupides sur les solives du plafond. Après avoir bredouillé quelques mots, il se laissait retomber sur le banc, ensevelissait sa figure dans ses bras, et marmottait en pleurnichant : « Je la savais à la maison ! »
Source : Gallica

Jules Girardin Fausse route (1897)

Je n'étais qu'un poltron, c'est vrai, mais on m'aurait plutôt tué sur place que de me faire dire de mes parents le quart de ce qu'il disait des siens, et en riant encore ! oui, il riait !
Devant son père, il me faisait toutes sortes d'amitiés, et m'appelait « son bon petit Paul ». Si j'avais osé, je l'aurais appelé menteur devant tout le monde ; car quand son père n'était pas là, il me faisait, dans les coins, des grimaces affreuses, il me tirait le nez à me
faire pleurer et me menaçait, si je disais un seul mot, de m'écraser entre deux portes.
Source : Gallica

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