Jeanne Schultz

Résumé

Jeanne Schultz Tout droit (3e édition) (1907)

Mais qu'importait à Philippe, maintenant qu'il s'en allait avec M. Malax dans le cœur! Il aurait bien erré plus longtemps encore sans se plaindre, en pensant à ce qu'ils avaient dit tous les deux, et ce n'était qu'en repassant le seuil de la petite porte jaune, qui lui avait causé un déboire si vif une heure auparavant, qu'il s'était avisé que l'idéal qu'il s'était forgé en venant, à propos de son nouveau maître, ne ressemblait pas plus au digne proviseur que cet humble bois peint ne ressemblait aux proportions de l'arc de triomphe qu'on sait.
Source : Gallica

Jeanne Schultz Tout droit (3e édition) (1907)

« Il est malheureux alors! C'est en vérité être le plus malheureux que je connaisse ! » que le jeune garçon n'avait rien osé ajouter, se sentant le cœur trop serré.
Ce n'était pas qu'il imaginât qu'un sort semblable pût jamais l'atteindre, et qu'il attachât à ce mot d'orphelin une pensée et une terreur personnelles — les enfants ont une merveilleuse faculté pour croire à l'éternité de tout ce qui les entoure ; — mais l'idée que ce petit garçon qu'il venait de croiser serait désormais « le plus malheureux des êtres que connaissait son Père », cela le remplissait de terreur et de pitié.
Source : Gallica

Jeanne Schultz Tout droit (3e édition) (1907)

Quand la pendule avait sonné neuf heures, un domestique était entré avec des lampes dans les mains, et Mlle Laura avait interrompu un instant son éternel travail. C'était l'heure du coucher pour les enfants.
Avec cette politesse respectueuse dont il avait pris l'habitude auprès de son père, Philippe s'était approché d'elle pour lui souhaiter le bonsoir; mais, sans se déranger, elle lui avait fait rapidement du bout des doigts un petit signe qui disait si clairement : « Bonsoir! bonsoir!. Mon Dieu, quand cet enfant me laissera-t-il en paix?. » que Philippe s'était retiré tout décontenancé.
Source : Gallica

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