Jeanne Schultz

Résumé

Jeanne Schultz,  Jean de Kerdren

“ Il était trop loyal cependant pour avoir feint une passion qu’il n’éprouvait pas. Mais un cœur de jeune fille est plus tôt charmé qu’il n’avait pensé, et l’avenir, tel qu’il s’ouvrait devant Alice, avec cet homme qui avait à ses yeux le prestige d’un héros, comme compagnon, c’était plus qu’il n’en fallait pour réaliser le bonheur parfait.
Avec cette naïveté qu’il avait gardée de la vie particulière de ses années de jeunesse, Jean n’avait rien deviné, et il avait regardé l’émotion de la jeune fille comme l’effusion de cette vive reconnaissance dont elle lui parlait dans sa lettre.
”
Source : Gutenberg

Jeanne Schultz,  Jean de Kerdren

“ Sans s’imaginer que son attention pût la gêner, Jean la regardait fixement, comme on suit de l’œil quelqu’un qui agit près de soi, quand on est soi-même immobile, et la pureté de ce délicieux visage le pénétrait en même temps que le charme de la musique. Il lui semblait que ces deux choses étaient inséparables l’une de l’autre, que ce qu’Alice jouait là lui était personnel comme sa beauté, et il tombait dans une rêverie où les joues roses de la jeune femme, ses cils sombres battant à coups réguliers et l’harmonie qui lui arrivait à flots se confondaient entièrement. ”
Source : Gutenberg

Jeanne Schultz,  Jean de Kerdren

“ C’était bien elle, toujours jolie, toujours svelte, seulement plus maigre, et si pâle que, près de son col de crêpe, sa figure ressemblait à un beau camélia blanc, posé sur un ornement de deuil. Sous les yeux, elle avait deux cercles bleuâtres qu’on voyait même à travers ses cils baissés, et qui rappelaient ces lointains brumeux qu’on aperçoit au fond de l’horizon, derrière un rideau de feuilles.
Jean embrassa tout cela d’un regard, et il lui sembla qu’il n’avait jamais vu une robe noire qui eût l’air si triste et si sombre.
”
Source : Gutenberg

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