Jeanne Schultz, La neuvaine de Colette
“ Cet accident qui m’abat sur la grand’route, ce vieux château où on me transporte évanoui, cette jeune fille qui me veille nuit et jour, arrosant mon lit de ses pleurs, tout ça te grise et te transporte ; tu me vois épris, fou d’amour, agenouillé aux pieds de ma belle, autant qu’homme qui a la patte cassée peut s’agenouiller, bénissant les chemins impraticables, parce que cette solitude à deux est une joie, aimant mes misères, parce qu’elles m’ont donné l’accès d’Erlange, et l’hiver, parce qu’il fait notre nid d’aigle imprenable et inaccessible aux jaloux et aux curieux. ”
