Jeanne Schultz

Élements biographiques

Jeanne Schultz La neuvaine de Colette

Cet accident qui m’abat sur la grand’route, ce vieux château où on me transporte évanoui, cette jeune fille qui me veille nuit et jour, arrosant mon lit de ses pleurs, tout ça te grise et te transporte ; tu me vois épris, fou d’amour, agenouillé aux pieds de ma belle, autant qu’homme qui a la patte cassée peut s’agenouiller, bénissant les chemins impraticables, parce que cette solitude à deux est une joie, aimant mes misères, parce qu’elles m’ont donné l’accès d’Erlange, et l’hiver, parce qu’il fait notre nid d’aigle imprenable et inaccessible aux jaloux et aux curieux.
Source : Gutenberg

Jeanne Schultz Jean de Kerdren

Il était trop loyal cependant pour avoir feint une passion qu’il n’éprouvait pas. Mais un cœur de jeune fille est plus tôt charmé qu’il n’avait pensé, et l’avenir, tel qu’il s’ouvrait devant Alice, avec cet homme qui avait à ses yeux le prestige d’un héros, comme compagnon, c’était plus qu’il n’en fallait pour réaliser le bonheur parfait.
Avec cette naïveté qu’il avait gardée de la vie particulière de ses années de jeunesse, Jean n’avait rien deviné, et il avait regardé l’émotion de la jeune fille comme l’effusion de cette vive reconnaissance dont elle lui parlait dans sa lettre.
Source : Gutenberg

Jeanne Schultz La main de Sainte Modestine (1922)

Seulement à force de rester là, tout près, sans rien faire que regarder, elle connut si bien la Main dans le moindre de ses détails, que sa matérialité et ce qu’elle gardait de si réel, lui demeura seul sensible, et qu’un soir, comme le soleil en se couchant, après avoir empourpré tout le ciel, venait roser jusqu’aux doigts fins dans leur prison de cristal, la bouche de Catheline s’ouvrit.
«Vous qui avez vécu, commença-t-elle,—le lien le plus direct, et la beauté la plus émouvante de la religion jaillissant de la simplicité de son cœur,—vous qui avez vécu, secourez-moi!»
Source : Gutenberg

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