Jacques Baschet

Élements biographiques

Jacques Baschet,  Le refuge : roman (1923)

“ Mais toute sa pitié, toute sa tendresse a jailli d'elle, d'un élan, dans un cri étouffé : « Ma pauvre petite... Ma pauvre petite... » Et elle regarde...
elle regarde, tendue, les bras élancés pour étreindre, consoler... Comment Michèle a-t-elle ce courage?
Celle-ci, pâle aussi, debout, raidie, apparaît comme une Justice inflexible. Mais ses lèvres tremblent. Elle remplit un devoir, sachant qu'elle fait mal, mais qu'une autre souffre aussi...
Elle a dit ce qu'il fallait. Alors, devant le désespoir qui creuse, ravage en silence le cœur qu'elle vient de blesser, son émotion ne se domine plus.
”
Source : Gallica

Jacques Baschet,  Le refuge : roman (1923)

“ C'est là ton site incomparable?... railla Germaine. Oui, ce n'est pas mal... ajouta-t-elle en se tournant vers la vallée qui ondulait à leurs pieds.
Quel mobile avait poussé là sa sœur? Qu'espérait-elle trouver sous l'ombre du grand hêtre? Quel trouble? Un souvenir? Celui d'un regard, d'une parole? Il y a des mots d'apparence bien humble qui ont pénétré si profondément dans l'âme qu'ils résonnent toute une vie ; mais quelle force d'émotion ils prennent dans le lieu même où ils furent prononcés, comme s'ils retrouvaient l'écho laissé par eux !
Lucien avait pris place à ses côtés.
”
Source : Gallica

Jacques Baschet,  Le refuge : roman (1923)

“ Germaine, après la montée haletante des cinq étages, avait à peine ouvert la porte qu'un bruit de voix lui parvint. Elle avait deviné juste : Lucien l'attendait. Mais non, c'était le timbre d'une voix inconnue. Pressentant la vérité, le cœur serré par une peur irraisonnée, elle s'approcha. La porte n'était que poussée. Elle regarda. Assise près de la
fenêtre, Mme Mazier, les mains fixées aux bras de son fauteuil, le corps penché en avant, comme pour s'aider à la fuite, considérait avec stupeur le visiteur, dont la silhouette se découpait sur la lumière de la lampe.
”
Source : Gallica

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