Jules Ricard

Élements biographiques

Jules Ricard,  Moumoute (1892)

“ M. de Gomer avait commis une lourde faute en éveillant dans le sang de cette femme encore enfant, le besoin de l'amour physique, en même temps qu'il lui ancrait, dans la pensée l'abomination de lui. Elle voulut vivre, être heureuse par son cœur douloureux. — Elle rêva un amant. Mais elle était d'une sorte trop délicate pour se contenter de la banalité vide d'une intrigue de salon. Les sentiments qui s'offrirent à elle l'écœurèrent ;
et elle crut — comme aussi le croyait Michel Vallenton — que l'amour absolu du cœur et de la pensée n'était qu'un thème d'écrivain.
”
Source : Gallica

Jules Ricard,  Moumoute (1892)

“ M. Vallenton l'interrompit avec une impatience presque furieuse : — Tais-toi !. Gilberte, toi tu ne mentiras pas ; dis-moi tout. Viens là que je te regarde.
Elle s'approcha très calme.
— Que voulez-vous que je vous dise, mon cher monsieur ? Michel dit la vérité. Les médecins n'ont pas les inquiétudes que vous leur supposez : ils tiennent seulement à ce que vous non plus n'en ayez pas. L'agitation morale vous est très mauvaise. Voilà tout.
— Tu mens, toi aussi, fit le malade après avoir regardé un instant en silence le visage serein de la jeune femme. Seulement tu mens bien.
”
Source : Gallica

Jules Ricard,  Moumoute (1892)

“ M. Vallenton continua : — Mon cher garçon, je t'aimerais mieux pauvre, que dans cette vie-là. Tu ne sais pas ce que c'est! Ça vous brûle, ça vous sèche. Ta mère a eu bien raison de te pousser vers l'art; tu seras heureux.
— Je t'en supplie, ne dis pas des choses aussi peu réfléchies, interrompit Michel. On n'est heureux que lorsqu'on a assez de bon sens pour s'asseoir au pied d'un palmier et
regarder son nombril jusqu'à ce que les ongles que la nature vous a donnés traversent la paume de vos mains.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature