Jeanne Schultz, La neuvaine de Colette
“ Je ne sentais plus aucune force dans mes membres, et, petit à petit, il me semblait que mon cœur s’en allait en eau comme la neige qui fondait sous mes doigts et qu’on retirait pièce à pièce tout ce que j’ai coutume de sentir dans ma tête, tant elle se faisait vide...A part cela, d’ailleurs, la situation n’était pas désagréable ; la profondeur de mon trou m’abritait de la rafale, et ma couche, malgré sa fraîcheur, était molle ; si molle même que je m’y enfonçais toujours davantage, et que, par petites poudrées, d’autres flocons me recouvraient comme une morte qu’on ensevelit doucement. ”
