Ernest Rasetti

Résumé

Ernest Rasetti Un drame au village. Volume 2 (1881)

Par une nuit mesquine comme celle-là, Macbeth, revenu aux saines précautions, eût mis un tricot, des chaussons de lisière et des sabots pour se rendre au lieu du crime. On eût dit que la banalité des habitants du Bourguy montait dans l'atmosphère comme une rosée de la bêtise humaine.
Paul, malgré ses angoises sans trêve, se sentait envahi par cette inertie de la nature. Il tomba
plutôt qu'il ne s'assit sur une chaise en bambou, ornementée d'incrustations en noix de coco, — joie des yeux de M. Touron! — et, les jambes dolemment allongées, il interrogea la fenêtre de Rosette.
Source : Gallica

Ernest Rasetti Un drame au village. Volume 2 (1881)

Le commandant leva ses paupières grises dans la direction du jeune homme. A l'aspect de cette explosion de douleur sincère, son vieux cœur de bronze s'amollit subitement : — Il faut me pardonner, monsieur Paul, je suis une vieille patraque démontée, je ne sais plus où je vais ni ce que je dis.
Paul le remercia d'un long regard; mais cette bienveillance du vieillard, au lieu de calmer ses larmes, en redoubla l'impétuosité.
M. Picot se leva et lui prit la main : — Quand je vous dis que je suis une vieille bête !
Pauvre enfant! lui seul l'a bien aimée, — après
moi, — et je le brutalise !
Source : Gallica

Ernest Rasetti Un drame au village. Volume 2 (1881)

Les paroles saintes expiraient sur ses lèvres. Elle essaya de pleurer : les larmes se refusèrent à monter sous ses paupières brûlantes. D'instants en instants, elle levait la tête, tout effarée, épiant les moindres bruits, comme si elle eût craint d'entendre encore le pas du docteur s'arrêter à sa porte.
— 0 mon Dieu! se disait-elle, pourquoi n'ai-je pas connu Paul un an plus tôt? Combien de douleurs, combien d'infamies épargnées! Le bonheur se présente à moi sous ses aspects les plus séduisants, et me voici contrainte de détourner les yeux.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature