Matrone

Définition et enjeux

Paul Albert,  La poésie : études sur les chefs-d'oeuvre des poètes de tous les temps et de tous les pays… (1882)

“ La matrone, chaste, laborieuse, est comme la divinité visible du foyer; comme son mari, le citoyen romain, elle a la majesté. Elle élève l'enfant; elle le maintient dans une atmosphère de pureté et d'innocence. Quand il sort de ses mains, il a déjà le sentiment des devoirs sérieux qui l'attendent; il n'a eu sous les yeux que de nobles exemples. Son père, aux armées ou occupé des travaux des champs, au forum, au sénat, patron ou client, ne vit que pour la chose publique. ”
Source : Gallica

Portrait de André Bellessort André Bellessort,  Revue des Deux Mondes

“ Plus je vais, plus je suis frappé de leur type de matrone romaine : la peau brune, le front bas et vertical, des prunelles de jais qui roulent dans un blanc laiteux, le nez assez gros et droit, la bouche bien fendue et plutôt épaisse, la figure carrée, avec une expression de bonté robuste et maternelle. Leur tenue est imposante, sans affectation. Leur corps massif affirme une vertu en bois de chêne, et leurs mains, ah, pauvres de nous ! ”
Source : Wikisource

Portrait de Hector France Hector France,  Le péché de soeur Cunégonde (1880)

“ A dix-huit ans, reprit le curé, j'avais pour les femmes mûres une passion ardente.
- Juste comme Quenuchet.
- Oh! monsieur l'abbé Guyot!
- Rien ne me semblait plus beau et plus digne d'amitié qu'une majestueuse matrone aux solides appas. C'est la fleur épanouie, me disais-je, elle donne le plus de parfum, c'est-à-dire le plus d'amour.
La jeune fille est un bouton agréable à l'œil, sans doute, mais c'est la primeur et, bien que fraîche et charmante, elle manque de goût et de saveur. J'ai bien changé d'idées depuis ; non pas que j'aie eu à me plaindre des matrones. Anges du paradis!
”
Source : Gallica

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