Pierre Véron

Résumé

Pierre Véron Paris s'amuse (1861)

LA BOITE DE PANDORE
Quand le diable devient vieux, il se fait ermite.
Un livre qui tire à sa fin a bien le droit d'être sérieux — dans ses dernières pages.
Donc, voici le sac vidé, — et l'inventaire n'est pas des plus édifiants. Mais au fond de la boîte de Pandore était enfouie l'espérance; au fond de sa boîte à plaisirs, Paris cache la charité.
Ce plaisir, ceux qui le goûtent ne me pardonneraient pas de vous en divulguer les douceurs.
Leurs joies sont comme leurs bienfaits, — elles aiment l'incognito.
Source : Gallica

Pierre Véron Paris s'amuse (1861)

Une fois dans la rue, Duflanchard me parut reprendre peu à peu son assurance. Il faisait le beau, lorgnait les femmes, s'arrêtait aux étalages pour regarder les demoiselles de boutique.
— Duflanchard, il est six heures et demie, objectai-je en le voyant faire une nouvelle halte devant une parfumeuse qui portait sur son visage des échantillons de toute sa boutique.
— Six heures et demie. La belle affaire! Avez-vous une faim si impérieuse?
— Ce n'est pas pour cela, mais vous m'avez dit, je crois, qu'on dîne chez vous à six heures.
— On dîne quand il me plaît de dîner. Je voudrais bien voir.
Source : Gallica

Pierre Véron Paris s'amuse (1861)

Ce qu'on demande, c'est une voix. La voix étant, on lui fait déchiqueter l'ariette, ou écornifler l'opéra, — à la grande joie du public qui applaudit à rompre ses gants, — quand il en a.
A chaque instant une bouquetière ad hoc apporte à l'une des virtuoses un bouquet décoché par une main qui se cache — pour se faire deviner.
Il y a des gens qui viennent ainsi chaque soir déposer leur tribut floral aux pieds d'une prima donna de plein vent.
Ceux-là, vous les remarquerez aux tables près de l'orchestre.
Source : Gallica

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