“ Eh bien ! sur le mur incandescent qui fume et qui craque, parmi les flammes dont la langue ondule et fouette, couchée par le vent complice, voici une ombre, un objet noir, un insecte, un atome... c’est un homme... il n’a pas peur du feu... pas plus du feu que de l’eau... il est le roi... il dit : Je veux !... Le feu impuissant se dévore lui-même et meurt ! Le bossu s’essuya le front. Il jeta un regard sournois autour de lui et eut tout à coup ce petit rire sec et crépitant que nous lui connaissons. ”
Bossu
Définition et enjeux
Le terme « bossu » désigne, en premier lieu, une personne souffrant d'une déformation de la colonne vertébrale. Cependant, ce mot a longtemps été utilisé en littérature pour symboliser des figures complexes, souvent marginalisées ou dotées de qualités remarquables. Paul Féval, dans Le Bossu, présente un personnage aux ambitions démesurées et à la force de caractère, oscillant entre la vulnérabilité et la détermination.
François-Marie Luzel, quant à lui, intègre le bossu dans un conte populaire où il incarne un personnage actif, comme dans l'histoire de la princesse enlevée. François Blanchet, dans ses récits arabes, fait apparaître un bossu confronté à des forces surnaturelles, illustrant une dimension fantastique. Ces approches, diverses, révèlent une fascination pour les figures atypiques, souvent liées à des thèmes proches comme la cécité, la surdité ou l'infirmité, soulignant une préoccupation littéraire pour les limites de l'humain.
Citations sur “bossu”
“ Le bossu, d’un mouvement convulsif, écrasa le verre sur un guéridon. — Je veux qu’on m’aime ! dit-il avec un accent de véritable férocité ; tant pis pour celles qui ne peuvent pas ! Gonzague resta un instant silencieux. Le bossu avait repris sa mine froide et railleuse. — Holà ! messieurs, s’écria tout à coup le prince qui poussa du pied Chaverny endormi, qu’on emporte cet homme ! La poitrine d’Ésope II se souleva. Il fit effort pour cacher son triomphe. Navailles, Nocé, Choisy, tous les amis du petit marquis voulurent tenter un dernier effort en sa faveur. Ils le secouèrent ”
François-Marie Luzel,
Contes populaires de Basse-Bretagne
“ C’est à merveille ! pensa le bossu. Ils vont droit au château, trouvent les portes ouvertes et entrent. Ils traversent plusieurs salles, toutes fort belles, et arrivent à une dernière, bien plus belle que les autres, où ils voient, couchée sur un lit de pourpre, une princesse d’une beauté resplendissante. Le roi resta à la contempler, la bouche ouverte ; mais, le bossu alla tout droit à elle, lui mit son mouchoir sur la bouche, l’enleva dans ses bras et partit, en disant au roi de le suivre. ”
