“ Le vieillard regarde comme tout, autour de lui, aspire la lumière, absorbe cette force vivante, comme les oiseaux s’affairent et construisent des nids en chantant. Il pense à ses enfants, qui sont sur l’autre bord de l’Océan, détenus dans la prison d’une grande ville, ce qui est mauvais pour la santé, oui, très mauvais. Mais ils sont en prison, parce qu’ils sont honnêtes, comme leur père l’a été toute sa vie. Et le vieux visage bronzé s’illumine d’un sourire orgueilleux. — La terre est riche, les gens sont pauvres ; le soleil est bon et l’homme mauvais, se dit le vieillard. ”
Maxime Gorki
Résumé
Contes d’Italie, recueil de nouvelles de Maxime Gorki, explore des thèmes universels tels que la maternité, la lutte sociale et la relation à la nature. À travers des personnages comme Nuncia, Tuba ou le vieillard solitaire, Gorki combine poésie et réalisme, décrivant avec force l’innocence des enfants, la force des femmes ou la mélancolie des hommes.
Une citation révèle un conflit intérieur : « La terre est riche, les gens sont pauvres ; le soleil est bon et l’homme mauvais », illustrant sa critique sociale. Ce recueil, publié en 1909, mêle fables et récits italiens, révélant l’âme d’un auteur en quête de justice et de lumière.
Citations de Contes d’Italie (Maxime Gorki)
“ Repoussant le cadavre qui gisait sur ses genoux jusqu’aux pieds des gardes consternés, elle s’écria, en regardant la ville : — Comme citoyenne, j’ai fait pour la patrie tout ce que j’ai pu. Comme mère, j’accompagne mon fils ! Il est trop tard pour que j’en enfante un autre, ma vie n’est utile à personne ! Et ce même poignard, encore tiède du sang de son fils, — de son sang à elle, — elle le planta d’une main ferme dans son cœur. Quand le cœur souffre, il est facile de l’atteindre sans se tromper. ”
“ Sur le trottoir, dans l’ombre d’une grande maison, quatre paveurs, gris, secs et solides comme des pierres, sont assis et se préparent à dîner. Un vieillard, blanc de poussière comme si on l’avait saupoudré de cendres, ferme à moitié ses yeux vigilants et avides ; il tranche avec un couteau un pain long et veille à ce que chaque morceau soit de la même dimension. Il est coiffé d’un bonnet rouge tricoté, dont le pompon lui tombe sur la figure ; le vieillard secoue sa grosse tête d’apôtre, où saille son long nez crochu, pareil à celui d’un perroquet ; il renifle et ses narines se gonflent. ”
