Résumé

A. Geffroy Les Récits de l’enseigne Staël et le Poète finlandais Runeberg

Lorsqu’il entra dans le champ du repos qui entourait l’église, un groupe d’hommes et de femmes étaient réunis entre les croix, mornes et silencieux comme ceux qui dormaient sous cette terre. Personne ne vint à la rencontre du vieillard, personne ne l’accueillit d’un mot ou seulement d’un regard. Il entra dans le cercle et vit à ses pieds, étendu mort, celui qu’il cherchait... Tout sanglant, il était cependant facile à reconnaître. Comme l’arbre roi des forêts, abattu avec les autres, est encore dans la poussière le plus grand et l’incomparable, ainsi parmi les ennemis abattus gisait le héros.
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A. Geffroy Les Récits de l’enseigne Staël et le Poète finlandais Runeberg

Combien, quand un cœur a rencontré un cœur, ce qui avait tant de prix naguère devient peu de chose ! Terre, ciel, patrie, père, mère, qu’êtes-vous alors ? Dans un embrassement, celui qui aime a reçu plus que la terre ; dans un regard, il a vu plus que le ciel ; plus fort que le conseil d’une mère, plus fort que la volonté d’un père est le soupir à peine entendu. Quelle puissance plus habile à charmer que l’amour ! Point d’obstacles pour celui qui aime. Les lacs s’étendent ; il les traverse comme le souffle du vent.
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A. Geffroy Les Récits de l’enseigne Staël et le Poète finlandais Runeberg

Enfin le vieillard rompit le silence, et pour celui qui sut le comprendre ses paroles furent significatives. Il chantait comme par passe-temps, mais il disait : L’ours est né pour être le roi des forêts ; le sapin croît pour orner la bruyère ; mais l’enfant de l’homme est-il né pour la force et la grandeur, ou pour la vanité et la poussière ? Nul ne le sait. — Je l’ai vu venir enfant, un soir d’hiver, dans ma cabane, égaré comme l’oiseau sauvage dans l’habitation des hommes. Sa tête était nue, ses pieds nus dans la neige ; à travers son vêtement déchiré, on voyait sa poitrine.
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