“ Peyrolles lui gagna ses deux cent quarante mille livres, puis le demi-million. — Assez, dit l’homme au sabre. Puis il ajouta froidement : — Donnez-moi de la place, messieurs. En même temps, il dégaina son sabre d’une main, tandis que l’autre saisissait l’oreille de Peyrolles. — Que faites-vous ? que faites-vous ? s’écria-t-on de toutes parts. — Ne le voyez-vous pas ? répondit l’habit de bouracan sans s’émouvoir. Cet homme est un coquin... Peyrolles essayait de tirer son épée. Il était plus pâle qu’un cadavre. ”
Peyrolles
Définition et enjeux
Le thème de “Peyrolles” a été abordé par des auteurs tels que Paul Féval fils, Paul Féval ou Édouard Estaunié. Il est souvent associé à des termes comme Gonzague, Cocardasse, Oriol, factotum ou Passepoil.
Citations sur “Peyrolles”
“ M. de Peyrolles avait un costume d'une richesse extrême. Au milieu du flot de dentelles qui couvrait ses mains sèches, on voyait les diamants étinceler.—Voyons, voyons, messieurs, dit-il en entrant et en s'éventant avec son mouchoir garni de point d'Alençon, tenez-vous à distance; vous perdez en vérité le respect.—Ah! lou couquin, est-il superbe! soupira Cocardasse.—Il a le fil! déclara frère Passepoil.C'était vrai. Ce Peyrolles avait le fil.Il se servait, ma foi! de la canne qu'il tenait à la main pour écarter cette cohue d'écus animés. ”
“ M. de Peyrolles, lui, avait gagné tout d’un temps le bout du jardin. Au fond d’une charmille sombre, sur un tas de feuilles sèches, il y avait deux manteaux étendus. Sous les manteaux on devinait la forme de deux corps humains. Peyrolles souleva en frissonnant le premier manteau, puis l’autre. Sous le premier était Faënza, sous le second Saldagne. ”
“ Peyrolles lui-même fut étonné. — Où la trouverai-je ? lui demanda Gonzague. Peyrolles n’en savait rien assurément. Il s’inclina et prit les devants. — Il y a des hommes qui sont aussi par trop bons ! dit la mère du régent avec un juron joli qu’elle avait apporté de Bavière. Les princesses regardaient d’un œil attendri la retraite précipitée de Gonzague. Le pauvre homme ! — Que me veux-tu ? demanda-t-il à Peyrolles dès qu’ils furent seuls. — Le bossu est ici, dans le bal, répondit le factotum. ”
“ Entre lui et le Parisien se massaient cinq prévôts d’armes et M. de Peyrolles. Ce ne furent pas les estafiers qui chargèrent. Le Parisien saisit une botte de foin, dont il se fit un bouclier, et troua comme un boulet le gros des spadassins. Son élan le porta au centre, il ne restait plus que Saldagne et Peyrolles au-devant de l’homme masqué, qui se mit en garde. L’épée de Lagardère, coupant entre Peyrolles et Gonzague, fit à la main du maître une large entaille. — Tu es marqué ! s’écria-t-il en faisant retraite. ”
“ Ils s’arrêtèrent tous deux pour lorgner la cohue, et partirent d’un franc éclat de rire. — Messieurs, messieurs, fit Peyrolles en se découvrant, un peu de respect, au moins, pour M. le prince ! La foule, toute prête à en venir aux mains, se calma comme par enchantement ; tous les candidats à la possession des cases s’inclinèrent d’un commun mouvement ; toutes ces dames firent la révérence. Gonzague salua légèrement de la main et passa en disant : — Dépêchez, Peyrolles, j’ai besoin de cette salle. — Oh ! les bonnes figures ! disait le petit Chaverny en lorgnant à bout portant. ”
“ Il se fit tout à coup un grand bruit du côté du vestibule. On entendit un concert de voix qui criaient : — À moi !... à moi !... j’ai mon inscription. Pas de passe-droit, s’il vous plaît ! — À d’autres, fit le Gascon ; nous allons voir du nouveau ! — La paix, pour Dieu ! la paix ! ordonna une voix impérieuse au seuil même de la salle. — M. de Peyrolles ! dit frère Passepoil ; ne nous montrons pas ! Ils s’enfoncèrent davantage dans l’embrasure et tirèrent la draperie. M. de Peyrolles, à ce moment, franchissait le seuil, suivi ou plutôt pressé par une foule compacte de solliciteurs. ”
“ Il avait un gros pourpoint de bouracan marron, des chausses de drap gris, des bottes de bon gros cuir terne et gras. Un large ceinturon lui serrait la taille et soutenait un sabre de marin.Était-ce l'ombre de Jean Bart? Il lui manquait la pipe.En un tour de cartes, Peyrolles eut gagné les dix mille écus.—Double! dit l'étranger.—Double! répéta Peyrolles, bien que ce fût intervertir les rôles.Une nouvelle poignée de billets tomba sur la table.Il y a de ces corsaires qui portent des millions dans leurs poches.Peyrolles gagna.—Double! dit le corsaire d'un ton de mauvaise humeur. ”
“ Cocardasse et Passepoil saluèrent de cette ample et belle façon qui faisait d’eux les coupe-jarrets les plus distingués de l’Europe. — Ils passèrent roides devant M. de Peyrolles et sortirent. — M’est-il permis de vous demander, monseigneur, dit Peyrolles déjà tout blême, — de qui vous parliez ainsi : vivant ou mort ? — Je parlais du chevalier de Lagardère, répliqua Gonzague qui remit sa tête fatiguée sur l’oreiller. — Mais, fit Peyrolles stupéfait, — pourquoi ce doute ? Je viens de payer Gauthier Gendry... ”
“ M. le marquis de Caylus a appris qu’un gentilhomme beau et bien fait pénétrait de temps en temps, la nuit, dans son château, par une fenêtre basse... Est-ce cela ?... — Oui, fit Peyrolles. — Il sait que mademoiselle Aurore de Caylus, sa fille, aime ce gentilhomme... — C’est rigoureusement vrai, dit encore le factotum. — Selon vous, monsieur de Peyrolles !... Vous expliquez ainsi notre réunion à l’auberge de la Pomme d’Adam... D’autres pourraient trouver l’explication plausible ; mais, moi, j’ai mes raisons pour la trouver mauvaise... Vous n’avez pas dit la vérité, monsieur de Peyrolles. ”
“ Et Peyrolles, refermant bruyamment son carnet, dit : — Messieurs, l’enchère est close. Il y eut un moment de grand silence. Les heureux possesseurs des cases se regardèrent tout abasourdis. — Messieurs, leur dit gravement le marquis de Chaverny, ce n’est pas vendu, c’est donné ! Gonzague appela Peyrolles. — Il va falloir faire place nette ! dit-il. Mais, à ce moment, une autre foule se montra à la porte du vestibule, foule de courtisans, traitants, gentilshommes, qui venaient rendre leurs devoirs à M. le prince de Gonzague. Ils s’arrêtèrent à la vue de la place occupée. ”
Édouard Estaunié,
La vie secrète
“ Mlle Peyrolles n’acheva pas. Pareil à un spectre, M. Taffin venait de dépasser le château. Peut-être avait-il souhaité de faire un signe, un dernier salut ; mais tel était le gouffre de ténèbres où il sombrait qu’il n’aurait pu même agiter les lèvres. L’allure roide, le corps droit comme lorsqu’il distribuait la communion, il continua sa route.Soulevée par une ivresse de victoire, Mlle Peyrolles se pencha pour le voir jusqu’au bout. Dieu qui avait voulu lui parler, s’était tu. Ce silence chantait le triomphe. La vie libératrice commençait... ”
Paul Féval fils,
Cocardasse et Passepoil
“ Dans quarante-huit heures, fit M. de Peyrolles, nous n’aurons plus besoin de vous... Vous voulez jouir de votre liberté, dites-vous ?... Soit, mais souffrez que je vous répète les paroles textuelles de M. le prince : Qui n’est pas avec moi est contre moi ! Ces paroles furent prononcées sur un ton de menace dont le seul but était d’effrayer Oriol. ”
“ C’était une bête à toutes fins. — Je te dis tout cela, mon ami Peyrolles, reprit Gonzague ; car tu es mon ami, toi aussi !... — Oh ! monseigneur... allez-vous me confondre avec... ? — Du tout !... Il n’y en a pas un qui l’ait mérité, interrompit le prince avec un sourire amer ; mais je te tiens si parfaitement mon ami, Peyrolles, que je te puis parler comme à un confesseur... On a besoin parfois de faire ses confidences : cela recorde... Nous disions donc qu’il nous les faut pieds et poings liés. La corde que je leur ai mise au cou ne fait encore qu’un tour : nous serrerons cela... ”
“ Cependant l’homme au sabre n’était pas un manchot. Il savait se servir de son arme. Un moulinet rapide, exécuté selon l’art, fit reculer les joueurs. Un fendant sec et bien appliqué brisa en deux l’épée que Peyrolles était parvenu à dégainer. — Si tu bouges, dit l’homme au sabre, je ne réponds pas de toi ; si tu ne bouges pas, je ne te couperai que les deux oreilles. Peyrolles poussait des cris étouffés. Il proposait de rendre l’argent. Que faut-il de temps à la foule pour s’amasser ? ”
Paul Féval fils,
Cocardasse et Passepoil
“ La Dorbigny n’avait rien demandé à Peyrolles, ni rien obtenu de lui, pas même une promesse. La Nivelle n’était pas plus avancée et s’en allait à regret. La bande se dispersa, les prévôts d’un côté, de l’autre ces demoiselles de l’Opéra, telle une volée de moineaux. Dès que tout le monde fut dehors, Gonzague se retourna vers Liane de Longpré et fut tout surpris de la voir très pâle. Leurs yeux se croisèrent et il en jaillit un éclair ; il y avait de la défiance du côté du prince, une interrogation anxieuse de la part de la baronne. Peyrolles les regardait tous deux et n’y comprenait rien. ”
“ Il sera à cheval, il attachera sa monture aux piliers du pont, après avoir franchi la lèvre du fossé... Regardez, là, sous le pont, apercevez-vous une croisée basse, fermée par des contrevents de chêne ?... — Parfaitement, mon bon monsieur de Peyrolles, répondit Cocardasse ; a pa pur !... nous ne sommes pas des aveugles ! — L’homme s’approchera de la fenêtre... — Et à ce moment-là nous l’accosterons ?... — Poliment ! interrompit Peyrolles avec un sourire sinistre ; et votre argent sera gagné. — Capédébiou ! s’écria Cocardasse, ce bon M. de Peyrolles, il a toujours le mot pour rire ! ”
“ À mesure qu’il avançait, nos joueurs le regardaient avec plus d’attention, — mais celui qui regardait le mieux était sans contredit M. de Peyrolles. — Quelle diable de créature est-ce là ? s’écria enfin Chaverny ; — Eh mais !... on dirait... — Eh ! oui !... fit Navailles. — Quoi donc ? demanda le gros Oriol qui était myope. — L’homme de tantôt, répondit Chaverny. — L’homme aux dix mille écus !... — L’homme à la niche... — Ésope II, dit Jonas. — Pas possible ! fit Oriol ; — un pareil être dans le cabinet du régent ! Peyrolles pensait : — Qu’a-t-il pu dire à Son Altesse Royale !... ”
“ Peyrolles se pencha tout à coup en avant et prêta l’oreille. — C’est le guet qui passe, dit Gonzague. Un bruit d’armes se faisait au-dehors. Mais ce bruit s’étouffa sous le grand murmure qui s’éleva tout à coup dans la galerie. — C’est étonnant ! s’écriait-on ; — c’est prodigieux ! — Avons-nous la berlue ?... que diable lui dit-il ? — Parbleu ! fit Nivelle, — ce n’est pas difficile à deviner !... Il lui fait le compte des actions qu’il a ! — Mais voyez donc !... dit Navailles ; — qui a parié cent contre un ? — Personne, répondit Oriol ; — Je ne gagerais seulement pas à cinquante... ”
“ Les deux hommes descendaient. — Le compagnon de Peyrolles était, sous son manteau, de belle taille et de riche prestance. Lagardère avait cru reconnaître dans son accent, quand il avait parlé, un léger ressouvenir de la gamme italienne. — Parlons bas, s’il vous plaît, dit-il en descendant avec précaution l’escalier étroit et roide. — Inutile, monseigneur, répondit Peyrolles. — Bon ! fit Lagardère, c’est un monseigneur. — Inutile ! poursuivit le factotum ; les drôles savent parfaitement le nom de celui qui les paye. ”
Paul Féval, Le Bossu (1857)
“ Peyrolles pensait : — Qu'a-t-il pu dire à Son Altesse Royale!... Je n'ai jamais eu bonne idée de ce drôle. Le petit homme noir avançait toujours. Il ne paraissait point faire attention au groupe rassemblé devant l'entrée de la tente indienne. Il lorgnait, il souriait, il saluait. Impossible de voir un petit homme noir d'humeur meilleure et plus poli. ”
“ L’affaire est faite... Dans une heure, ce diable d’enfer aura la tête coupée... Cette nuit nous dormirons tranquilles... Comme M. de Gonzague ne comprenait pas, M. de Peyrolles lui raconta en peu de mots sa mésaventure à la tour neuve et la fuite des deux maîtres d’armes, en compagnie de Chaverny. À ce nom, le prince fronça le sourcil. Mais il n’était plus temps de s’occuper des détails. Peyrolles raconta encore la rencontre qu’il avait faite de madame la princesse de Gonzague et d’Aurore au greffe du Châtelet. ”
“ Gonzague dit quelques mots à l'oreille de Peyrolles.Celui-ci s'aboucha avec demi-douzaine de coquins à longues épées embusqués derrière le massif. Tous s'élancèrent sur les pas de nos deux braves qui venaient de monter le perron, escortant toujours leur domino rose.M. le Bréant ouvrit la porte de la cour aux Ris, comme Lagardère s'y était attendu.Seulement, il l'ouvrit deux fois. La première pour Aurore et son escorte, la seconde pour M. de Peyrolles et ses compagnons. ”
Édouard Estaunié,
La vie secrète
“ Revanche de la logique : Mlle Peyrolles n’a jamais imaginé qu’il y eût un désaccord entre sa conduite et sa tendresse : dès le début, la contradiction éclate. Que sera-ce tout à l’heure quand ils seront face à face ?Il faut se décider, pourtant. Jean, dans l’antichambre, s’enquiert auprès de Dorothée :— Les bêtes s’agacent. Quand partons-nous ?— Est-ce que je le sais ! Mademoiselle est dans la salle. Allez le lui demander.Soudain, Mlle Peyrolles s’est levée. Sa décision est prise. Quand on peut marcher droit au but, inutile de se réfugier dans les détours. ”
Édouard Estaunié,
La vie secrète
“ Ce fut lui qui résolut d’ajouter à son nom celui de Saint-Puy, afin de se distinguer des autres Peyrolles qui n’avaient pas réussi. Il disait à sa fille : « Ce sera bon pour tes enfants », mais il tremblait qu’elle se mariât. Par bonheur, aucun parti ne plut à Mlle Peyrolles. L’exemple de son frère Oscar lui avait appris aussi à redouter les gaspillages des hommes. ”
“ Chacun s’éloigna de lui, tandis que Chaverny répliquait : — Des doutes ?... Assurément non, M. de Peyrolles... nous sommes fixés parfaitement. — À la bonne heure ! dit entre haut et bas le factotum ; je ne suis pas homme à supporter un outrage... Tous ceux qui ne s’intéressaient point au jeu s’étaient élancés à la suite du czar. Ils furent désappointés. Le czar sortit du palais, sauta dans le premier carrosse venu, et s’en alla décoiffer ses trois bouteilles avant de se coucher. Navailles prit les cartes des mains de Peyrolles, qu’il poussa doucement hors du cercle et commença une banque. ”
“ Nous allons le faire pendre!—La corde qui étranglera celui-là... commença Peyrolles...—N'est pas encore filée, n'est-ce pas?... Je crois que si... Tudieu! pense donc, ami Peyrolles. Il est grand temps! nous ne sommes plus que quatre.—Oui, fit le factotum en frissonnant, il est grand temps.—Deux bouchées! reprit Gonzague en rebouclant son ceinturon; nous deux d'un coup... de l'autre ces deux pauvres diables...—Cocardasse et Passepoil?... interrompit Peyrolles; ils ont peur de Lagardère!—Ils sont donc comme toi!... C'est égal; nous n'avons pas le choix... Va me les chercher! va! ”
Paul Féval fils,
Cocardasse et Passepoil
“ Peyrolles les fit causer et apprit tout ce qu’il voulait savoir. Un riche original, en même temps savant naturaliste, avait doté Douvres d’une sorte de muséum où il avait pu réunir déjà, de ses propres deniers, une douzaine d’animaux de l’Apocalypse, pelés et galeux, qui n’en faisaient pas moins bonne figure dans ce pays où ils n’avaient pas à craindre la rivalité. Un vieil ours, promené jadis dans tous les coins de l’Europe par une troupe de saltimbanques, était venu s’échouer là et se préparer à y mourir sous le poids des années. ”
“ Tu vas juger de suite combien la chose presse : nous avons été trahis cette nuit... — Trahis ! se récria Peyrolles ; et par qui ? — Par Gauthier Gendry, par Oriol et par Montaubert. — Est-il possible ! — Tout est possible tant que la corde ne les étranglera pas. — Et comment monseigneur sait-il... ? demanda Peyrolles. — Je ne sais rien, sinon que nos coquins n’ont pas fait leur devoir... ”
