Ernest Pérochon

Élements biographiques

Ernest Pérochon,  Les Gardiennes (1924)

“ Le fossé débouchait dans la Belle Rigole.
— Voici, dit Georges, l’endroit le plus plaisant du pays et, pour moi, le plus plaisant du monde.
Il plaça son bateau bien droit au milieu de la route d’eau et posa sa pelle à l’arrière. Puis il vint s’asseoir à côté de Francine.
— Maintenant, dit-il, c’est le hasard d’amour qui nous conduira.
Ils se penchèrent tous les deux sur l’eau sans rides.
— C’est ici l’eau la plus profonde du Marais et la plus pure ; les herbes du fond ne montent point à la surface comme ailleurs. Regardez l’eau, Francine !
”
Source : Wikisource

Ernest Pérochon,  Nêne (1920)

“ Son père parlait beaucoup et, volontiers, du temps pas encore loin où, devant Michel, la vie était comme un chemin fleuri.
— Tu as dormi, père ?
Le vieillard s’était assis sur la paille à côté de lui.
— Pas longtemps : les mouches sont dévorantes... Et toi ?
— Oh ! moi !...
La parole resta suspendue et le vieux y sentit la fêlure du chagrin. Il ne bougea pas, mais ses paupières battirent.
Entre le père et le fils il n’y avait jamais eu rien de désobligeant et ils avaient l’un pour l’autre une belle affection d’homme, une tendresse silencieuse, mais vigilante et profonde.
”
Source : Gutenberg

Ernest Pérochon,  La Parcelle 32

“ Sous le regard aigu de l’homme, ses yeux à elle s’affolèrent. Elle balbutia, inconsciente :
— Je suis lasse, Honoré ! Je suis lasse de tout !
Ses cheveux frôlèrent la figure d’Honoré ; il y plongea ses lèvres. Elle tressaillit, mais ne recula point.
— Je suis lasse ! Je suis si lasse ! Honoré avait lâché sa main, il se releva.
— Je vous remercie, dit-il, de vous confier à moi... N’oubliez jamais que je vous aime et que je serai toujours prêt à vous soutenir... Et je veux vous guérir, Éveline !
À l’autre bout du pré, une laveuse passait.
”
Source : Wikisource

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