“ D’un village à l’autre, au milieu de terres soigneusement cultivées, de beaux vergers, par des chemins fréquentés, parmi tous les signes d’une vie rurale active, on traverse de longs espaces, sans apercevoir que rarement les centres naturels de cette activité, c’est-à-dire des habitations humaines. ”
Vie rurale
Définition et enjeux
Citations sur “vie rurale”
E Deaux, L'agriculture du Vivarais (1927)
“ Je me garderai d'établir des comparaisons entre la vie urbaine et la vie rurale,au point de vue du coût de l'existence, de la vie chère, pour employer l'expression consacrée, de la liberté, de l'indépendance et des profondes satisfactions de l'agriculteur qui aime et comprend son métier. ”
Congrès général du génie civil, Travaux préparatoires du Congrès général du génie civil… (1918)
“ A de rares exceptions près, nos villages sont restés ce qu'ils étaient il y a deux ou trois siècles et, tandis que nos villes se transformaient plus ou moins, la vie rurale est restée aussi primitive, aussi soumise à la routine qu'autrefois. ”
James Fenimore Cooper,
Ravensnest
“ Toutes les terres qui s’étendaient devant nous, les riches vallées couvertes d’herbes ondulantes, les collines, les bois, les montagnes éloignées, les vergers, les fermes, les granges, et tous les autres accessoires de la vie rurale qui appartenaient au sol, étaient ma propriété et l’étaient devenus sans un seul acte d’injustice envers un être humain. ”
Charles Franquet Franqueville, Les institutions politiques, judiciaires et administratives de l'Angleterre (1864)
“ Non-seulement la vie rurale est recherchée pour elle-même, pour la liberté, l'aisance, l'activité paisible, le bonheur domestique, ces biens si chers aux Anglais, mais elle donne la considération, l'influence, le pouvoir, tout ce que désirent les hommes quand leurs premiers besoins sont satisfaits1. ”
Élie Reynier, St-Sauveur-de-Montagut : évolution d'une petite commune rurale (1953)
“ L'agriculture et la vie rurale ont subi aussi leur évolution, greffée certes sur le fonds d'autrefois, et même leur révolution, qui s'est produite grâce à un légitime désir de gain et à d'intelligentes initiatives individuelles. ”
E Deaux, L'agriculture du Vivarais (1927)
“ Hélas, ce n'est,pas le plus souvent un déplacement de la main-d'œuvre agricole d'une région à une autre que nous constatons, c'est l'exode du rural vers la ville, c'est le fils du paysan qui abandonne définitivement la vie rurale, croyant trouver ailleurs la vie plus facile. ”
Élie Reynier, St-Sauveur-de-Montagut : évolution d'une petite commune rurale (1953)
“ Il reste d'ailleurs encore bien à faire, collectivement et individuellement, pour améliorer la vie rurale, et par là, avec l'appât des gains industriels et agricoles, aider au maintien de la population, qui au reste n'est pas un but en soi. ”
Augustin Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ La population laborieuse et dépendante s’aggloméra dans ces lieux de refuge, dont les habitans passèrent alors de la vie rurale proprement dite à des commencemens plus ou moins grossiers de vie urbaine. Le régime purement domanial s’altéra par le mélange de certaines choses ayant le caractère d’institutions publiques ”
Louis Bréhier,
L'Auvergne : choix de textes précédés d'une étude
(1912)
“ La vie rurale. — Pendant longtemps, l'existence Indépendante du propriétaire rural a été regardée par l'immense majorité de cette population comme le but à atteindre. « Tel le meunier dans son mou- lin — le paysan sous son chaume — est comme un roi sur terre1. » Pour pouvoir acquérir un peu de cette terre, beaucoup de journaliers n'hésitaient pas à mettre leurs enfants en service ”
“ À ceux qui vous diront la ville et ses merveilles N’ouvrez pas votre cœur, paysans, mes amis ! À l’appel des cités n’ouvrez pas vos oreilles ; Elles donnent, hélas ! moins qu’elles n’ont promis. Laissez chanter le chœur des machines stridentes ; Laissez les noirs engins hurler à pleins ressorts. De vos sages aïeux gardez les mœurs prudentes ; Et, comme ils ont vécu, vivez — calmes et forts ! La cité pour son peuple en vain se dit féconde ; Le pain de ses enfants est rude à presque tous. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Non, ce n'est pas la première conséquence qu'il faut en tirer : aussi est-elle le pays où il y a le plus de petits bourgeois cultivateurs, le plus de villes-villages. Ce pays est d'ailleurs un vrai jardin; ses vallons sont remplis de raisins, de melons, d'abricots, de prunes, de poires, de coings, et, ainsi que dans l'Orléanais, grand nombre de villageois y sont confiseurs. À côté des maisons de campagne, les maisons de village sont comme des villageois à côté des gens du monde. ”
“ Toi qui, suivant la soif des terres, Verses le fleuve ou le ruisseau ! Ne borne pas à ce village Les dons qui coulent de tes mains. L’onde n’est pas le seul breuvage Qu’attende la soif des humains. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Les gens riches des campagnes ont une autre manière ; mais nous, les maçons du Limousin ou de la Marche, nous ne travaillons pas pour eux. — Bien, continuai-je ; mais êtes-vous forcés, toujours et toujours, d'employer la terre pour ciment, et de bâtir des maisons sujettes, comme les figuiers, les vignes, à la gelée et au dégel? — Oh! monsieur, il faut vivre, et nous sommes en concurrence avec les bâtisseurs au meilleur marché ; il y a des provinces, le Rouergue sans le nommer, où, pour cinquante écus, on vous fait une maison dont on vous remet la clef. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Prends une plume bien taillée et de beau parchemin blanc; j'ai envie de parler du commerce des villages, tout petit en apparence, car pour conduire des oisons, des porcs, pour porter ses lentilles, ses châtaignes, il ne leur faut pas, comme au riche commerce des villes, des gardes coureurs, des cursatores qui mercatores ducunt, comme disent les lois ou les coutumes latines. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Tous les habitants avaient des brebis, des chèvres et des vaches ; tous allaient chaque jour travailler leurs champs et leurs vignes. J'aime plus, j'honore plus les villages que les villes, car les villages nourrissent les villes, et ils sont d'ailleurs plus anciens. ”
“ Il s’ouvre avec les premiers beaux jours, se continue sous les soleils d’été, et s’achève à l’époque où recommence aux champs le grand sommeil de l’hiver. Il comprend, en un mot, toute la période annuelle que passent d’ordinaire à la campagne ceux qui ne font pas profession d’agriculture. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ LES VILLAGES ET LES VILLAGEOIS DE L'EST. FRANCHE-COMTÉ et ALSACE. — Les défrichements; les écobuages; les brûlis; — partage des possessions communales; — le métayage; — l'hygiène rurale; — le costume franc-comtois; — les pâturages; — les laiteries et les fromages. BOURGOGNE. — Le sol ; — les chants rustiques; — les abbayes de Cluny; de Cîteaux, de Clairvaux. C'est bien, c'est assez, Trophyme! nous voudrions maintenant voir LES VILLAGES ET LES VILLAGEOIS DE L'EST. Eh bien! là je vous montrerai de grands miracles en agriculture opérés par les défrichements, les écobuages, les brûlis ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Le provincial disait encore que des cabanes étaient sorties les chaumières, nommées chaumières dans la France septentrionale, nommées hostels, houstals, dans la France méridionale. Suivant lui, grand nombre de villages, pour être appelés villes, universités (1) , se sont fait accorder de belles chartes ; mais dans toutes leurs maisons on entend mugir, bêler, et parfois battre les grains. D'où il suit, ajoutait-il, que, si un quart des Français sont dans des villes grandes ou petites, au moins les trois quarts et demi de la nation habitent réellement au village, sont villageois, paysans. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Monsieur, le sort des villageois vaut sûrement celui des autres ; il est en petit celui du gros fermier; en petit les villageois cultivent, récoltent, vivent comme lui, et, pour être bien informé du sort des villageois, interrogez les coquetiers. Croyez d'ailleurs notre bon vieux curé. ”
“ Tombés sous la tâche obstinée, Ils goûtent enfin le sommeil Qui fut le prix de la journée. Leur village aux sombres maisons Veille sur eux, de la colline. Sur ce ravin sans horizons, C’est un fantôme qui s’incline. ”
Félix Vidalin, L’Agriculture et la Vie rurale en Italie
“ Le travail de l’homme est accusé seulement par de hautes palissades, qui séparent les diverses propriétés. Ici, sur un terrain trop sec, l’herbe jaunie se fane au soleil; là, des plantes marécageuses aux longs dards croissent dans des eaux stagnantes. La campagne est couverte de troupeaux qui passent l’hiver dans la plaine et l’été dans les montagnes de la Sabine et des Apennins. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Les propriétaires moyens et les petits propriétaires appartiennent indistinctement aux populations urbaines et aux populations rurales.; mais depuis trente ans environ, par suite de l'augmentation de l'aisance dans les campagnes, le nombre des petits propriétaires ruraux s'est notablement accru. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Nous sommes ce que les' autres sont : aussi d'abord les moeurs nationales, ensuite les moeurs de chaque état. La force de l'armée est dans les moeurs militaires ; la prospérité des campagnes est dans les moeurs des Fabius, des Fabricius, des Lentulus, des Guillaumes, des Colas, des Michauds. Ah! histoire des villages! Le pays où le villageois porte les chemises les plus grosses est celui où il tisse la toile la plus fine : c'est le Maine. Le pays où il met le plus rarement la poule au pot, c'est le pays où il engraisse les meilleures volailles connues : c'est encore le Maine. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Laissez-moi y voir dans le même village se mouvoir, suivant les différents temps, une succession de différents villages, au milieu de leurs prairies, de leurs vergers, immuablement les mêmes ; 292 DIX-HUITIEME SIECLE laissez-moi aussi dans les pages de mon in-quarto, le livre des familles, entendre la voix de l'aïeule, du vertueux bisaïeul, qui réapparaissent dans le foyer qu'ils ont bâti, font, par leurs antiques récits, leurs antiques exemples, couler des yeux de leurs descendants les larmes de' la vertu ; laissez-moi voir le paradis de ce monde ; oh! mes amis ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Quand quelqu'un part, il va prendre congé dans toutes les maisons ; quand il arrive, il est embrassé à toutes les portes. Chez ces bons villageois normands, vous passez dans certains cantons où, comme chez les anciens, tous les âges, tous les sexes se tutoient. Nous nous approchons enfin de cette belle vallée d'Auge qui s'ouvre à nous. ”
“ Regardez-le dormir, le tendre nourrisson. Nos fermiers sont deux fois heureux de sa naissance : C’est leur premier enfant, c’est leur premier garçon ! Que la ferme au travail tout un jour fasse trêve ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Tous, ou du moins grand nombre, sont remparés, murés, ont des portes, des créneaux, et il arrive que le voyageur, après s'être longtemps trompé, après avoir longtemps pris des villages pour des villes, se trompe encore, prend des villes pour des villages. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Dans certains cantons des pays qu'en ce moment nous parcourons, les villageois font des récoltes où ils n'ont ni labouré, ni semé : telles sont, dans les Landes, les écorces des lièges, la résine des pins. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ LE LIVRE DES PAYSANS 105 une promenade aux champs, et, de plus, qu'il a fait quelques actes de présentation, comme d'entendre les premières vêpres des grandes fêtes. Le bourgeois de village s'estime plus et est plus estimé que le paysan, et c'est surtout à cause du proverbe : Il ne travaille pas, il est bourgeois. Toutefois, il faut que messires les bourgeois de village sachent qu'il est plusieurs de leurs villages-bourgs, ou même de leurs villes, comme ils voudront, où les bourgeois ne peuvent, sans la permission du seigneur, s'assembler au-dessus du nombre de dix. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Il faut y renoncer, ou quitter mon service. A quoi sert, ajouta-t-il, que toutes les semaines je lise à mes gens les instructions sur l'agriculture qui sont au Calendrier des heures? Abdon! sachez que pour être berger il ne suffit pas de porter une cape blanche, un capuche et un cornet pendu à la ceinture. La nuit, quand au milieu des champs vous avez enfermé vos brebis dans les claies bien fixées par de bonnes fourches, quand vous vous êtes enfermé vous-même dans votre cabane à quatre roues, pensez un peu à votre Pierre, de Crescentes, de Bologne; le Traité des Vergers par Gorgole, de Côme ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ La manière de bâtir a été dans tous les temps contraire aux intérêts de l'agriculture. Les constructions absorbent un capital qu'il serait beauconp plus avantageux d'appliquer à la terre. On peut sous ce rapport prendre pour modèle l'agriculture anglaise.— L. LA LEÇON DE CULTURE 139 satisfit singulièrement. En fait de bâtiments ruraux, lui répondis-je, on cite ceux du clergé, ordinairement en belle pierre, avec voûtes et contreforts (1) ; c'est là qu'il se plaît aussi à montrer sa magnificence. L'observation est vraie, très-vraie, me dit le père de Guillemette ; passons à la culture. ”
“ Telle était la mission que s’imposait la muse latine à l’aspect des défaillances de l’antique vertu romaine. L’ancien monde tremblait encore sur ses bases, quand Virgile tailla son premier pipeau. Ce livre, malheureusement, n’est pas celui d’un Virgile. Ce n’est, comme son titre l’annonce, qu’un journal sincère, libre et naïf des impressions de la vie aux champs. La France, moins riche en ce genre que l’Angleterre, n’avait eu longtemps d’autre poésie rurale que celle de Saint-Lambert et de l’abbé Delille. Écrire d’après nature était un art à peu près inconnu chez nous. ”
Washington Irving,
Le Livre d’esquisses
“ Le séjour à la campagne des gens riches, de la société élégante, a répandu dans l’économie rurale une somme de goût et de distinction qui est descendue dans les plus basses classes. Le travailleur même, avec sa cabane de chaume et ses quelques pouces de terrain, s’applique à les embellir. ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire agricole de la France…
(18..)
“ Dans quelques provinces, les moissons, sur les terres des roturiers, étaient faites en commun par les habitants de la même paroisse, qui prélevaient à leur profit le huitième ou le dixième de la récolte; sur les terres seigneuriales, elles furent faites d'abord par les serfs, ensuite par les tenanciers à titre de corvées, en dernier lieu par des ouvriers à la journée. 30 L'AGRICULTURE LES BAUX. Les contrats pour l'exploitation des biens ruraux sont le bail à ferme et le métayage. Les plus anciens baux à ferme connus ne remontent pas au delà de 1089 et 1100 ”
Paul Réveillère,
République rurale
(1872)
“ Plus la forme sociale satisfait à la fois nos goûts de rapprochement et de vie publique et notre passion pour la distinction, l'isolement, plus elle est en harmonie avec notre constitution intellectuelle et morale. ”
Henry Wadsworth Longfellow,
Évangéline
“ Qu’est devenu le village aux toits de chaume et le foyer des fermiers de l’Acadie, dont la vie coulait paisible, comme ces rivières qui arrosent les bois, dont les eaux, obscurcies par les ombres de la terre, semblent cependant réfléchir l’image du ciel ? Ces fermes, si riantes autrefois, sont aujourd’hui désertes, et leurs habitants sont partis pour toujours ! ”
“ Mais ils font que, du moins, on redescend la vie, Calme, le cœur exempt de regrets ou d’envie ; Ils font que chaque soir, de bonne heure, on s’endort Sans dire au lendemain : « Fais-nous un autre sort ! » ”
“ Ce village, par exemple, où le calme n’est guère troublé par le touriste, qui est demeuré un lieu de travail et de paix, tu ne le considéreras pas longtemps sans y découvrir un diminutif de notre vie, de nos résistances. La route qui l’encercle, les grands arbres qui marquent le voisinage des eaux, les champs aplanis, les bosquets qui divisent les terres : les maisons basses aux toits inclinés, du type qui nous est familier : les cultures où alternent le foin, la prairie, le grain et le potager ; les hommes eux-mêmes, noueux, trapus, liés à la dure tâche du sol ”
Alexandre François Baudet-Dulary, Crise sociale. 1834. Par M. Baudet-Dulary… (1834)
“ La majorité des Français habite la campagne, occupée de travaux agricoles ; l'agriculture donne les trois quarts du revenu total de la nation. L'organisation des communes rurales est donc d'une immense importance, et cependant qu'est-ce maintenant qu'une commune rurale ? ”
“ Désespérant alors de réveiller dans les cœurs les énergiques sentiments, les vieilles croyances, les saintes ou viriles passions qui en étaient la vie, elle peut du moins encore essayer d’y faire renaître l’amour des joies de la nature, des émotions paisibles de la solitude, des simples drames de la famille champêtre. ”
