“ Il faudra qu’un accent relève son courage, Et qu’une tendre main le ramène aux travaux. C’est plus ! étant l’épouse, il sied d’être la mère, De suspendre à son sein quelque frais nourrisson ; Et, se tenant debout au seuil de sa chaumière, De dire aux gens le soir, d’une voix douce et fière : « Voyez le bel enfant, c’est mon nouveau garçon ! » À ce cher groupe enfin, qu’on tient sur sa poitrine, Il est beau d’enseigner dès leur tendre matin, Aux filles, la pudeur, grâce et crainte divine, Aux garçons, le travail qui vaut une doctrine, Et l’amour du pays, quel qu’en soit le destin ! ”
Joseph Autran
Résumé
La Vie rurale, poème de Joseph Autran, explore la vie paysanne à travers des images naturelles et des thèmes tels que la nature, la famille et le lien avec la terre. Les citations soulignent les cycles des saisons, les émotions humaines et la sérénité des campagnes, en contraste avec l’urbanité.
L’œuvre, riche en symboles (figuiers, rameaux, loup), célèbre la simplicité et la force des paysans, tout en évoquant le rôle de la femme et la transmission des valeurs. Son style lyrique et méditatif invite à une réflexion sur l’harmonie entre l’homme et son environnement.
Citations de La Vie rurale (Joseph Autran)
“ Vous pensez quelle aumône, à ces tristes foyers Où l’homme le plus riche à peine a des souliers ! Pour mieux gagner son pain, l’errante créature Parfois, les soirs d’été, dit la bonne aventure. Les filles, les garçons, au prix d’un liard ou deux, Consultent par sa voix l’avenir hasardeux. Vient l’hiver, la saison pour tous ingrate et rude, Rien, plus rien n’adoucit alors sa solitude. Neige et glace obstruant les seuils et les sentiers, En son gîte désert, souvent, des mois entiers, Elle couve un tison, bois mort, bruyère sèche, Qu’elle glane partout, car pas un ne l’empêche. ”
“ Et la docile touche et l’éloquente voix Tour à tour font silence ou parlent à la fois. Et moi, de ces accents auditeur solitaire, Ce que j’entends alors, plongé dans mon mystère, C’est tout ce qu’au passage une âme peut saisir, C’est le frémissement des ailes du désir, C’est l’appel du ramier qu’entendra la colombe, C’est le cri de l’espoir qui s’élève ou retombe ; D’un cœur, d’un faible cœur qui défaille à moitié, C’est la prière à Dieu réclamant sa pitié ! ”
