Résumé

Antony Valabrègue Petits poèmes parisiens ; Filles de Paris… (1880)

Et nous, que la fraîcheur de la belle saison Remplit, comme autrefois, de joie et de jeunesse, Nous sentons revenir, au milieu d'un frisson, Ce doux besoin d'aimer qui nous trouble sans cesse.
Mais quand nous leur parlons, elles ne savent pas Que nous avons au cœur une vague espérance.
Pour repousser l'amour qui s'attache à leurs pas, Elles auront toujours leur jeune insouciance.
A l'ombre des taillis, sans détourner les yeux, Elles vont s'éloigner bientôt entre les branches, Emportant loin de nous, avec leurs bruits joyeux, La gaîté du printemps dans leurs toilettes blanches.
Source : Gallica

Antony Valabrègue Petits poèmes parisiens ; Filles de Paris… (1880)

Primevères, roses, jasmin, Elle a des fleurs fraîches comme elle.
Elle a la naïve beauté, Dont notre âme est toute ravie ; On voudrait être à son côté, Pour y passer toute la vie.
Mais son cœur, avant de changer, En lui-même a mis sa défense; Nos regards ont beau s'y plonger, Ils n'y trouvent que l'innocence.
III
Les poètes, gens curieux, Lorsqu'ils s'en vont à l'aventure, Regardent tout avec des yeux Que n'arrête aucune clôture.
Ils sont heureux, sans se lasser, De poursuivre un rêve futile; Ils vont voir les femmes passer, Comme on regarde l'eau qui file.
Source : Gallica

Antony Valabrègue Petits poèmes parisiens ; Filles de Paris… (1880)

Courbée entre mes bras, son épaule se penche, Plus souple qu'un beau lis à peine épanoui; Son teint, dans sa fraîcheur, dont je suis ébloui, Tient de la rose rouge et de la rose blanche.
Sous mes baisers tremblants dont l'ardeur la poursuit, Son sein a des frissons comme la sensitive.
Son cœur pour me donner sa tendresse craintive S'ouvre le soir ainsi que les belles-de-nuit.
Et son amour aussi, son amour que je cueille, Si frais dans sa jeunesse, a le charme enivrant De quelque belle fleur qu'on saisit et qu'on prend, Sans la faner jamais, sous le doigt qui l'effeuille.
Source : Gallica

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