Pierre de L'Isle, Le jardin d'amour : poésies (1858)
“ Encore un jour passé, jour éclairé de joie Et de bonheur, rayons que l'amour nous envoie, Mais qu'éclipse trop tôt dans le ciel consterné L'aile du temps véloce à nos deuils obstiné.– A peine ai-je trempé ma lèvre inassouvie A la source amoureuse où je puise la vie, A peine ai-je cueilli sur votre front charmant La fleur du doux baiser pleine d'enivrement, Que déjà, du sommet d'un clocher voisin, l'heure Fait entendre six fois son tintement qui pleure, Et malgré mes refus d'obéir, sans pitié Me chasse, et de mon cœur m'arrache la moitié. ”
