Pierre de L'Isle

Résumé

Pierre de L'Isle Le jardin d'amour : poésies (1858)

Encore un jour passé, jour éclairé de joie Et de bonheur, rayons que l'amour nous envoie, Mais qu'éclipse trop tôt dans le ciel consterné L'aile du temps véloce à nos deuils obstiné.– A peine ai-je trempé ma lèvre inassouvie A la source amoureuse où je puise la vie, A peine ai-je cueilli sur votre front charmant La fleur du doux baiser pleine d'enivrement, Que déjà, du sommet d'un clocher voisin, l'heure Fait entendre six fois son tintement qui pleure, Et malgré mes refus d'obéir, sans pitié Me chasse, et de mon cœur m'arrache la moitié.
Source : Gallica

Pierre de L'Isle Le jardin d'amour : poésies (1858)

Dis-le vite, oh ! dis-moi, l'as-tu pas aussi vue De mon printemps d'amour l'hirondelle ingénue, La douce, le cher cœur que mon cœur aime tant, Qui venait toute belle à moi, me promettant Un printemps de chansons et de longues caresses, Et de fleurs. un printemps d'ineffables tendresses?
Pauvre chérie! à l'heure où toujours,–autrefois,– Mes pas me dirigeaient vers elle, je la vois : Son œil se perd au loin dans la rue, et sans doute Elle m'attend, me cherche, et sans doute elle écoute, Le front rêveur, le sein ému, le souvenir En empruntant ma voix tout bas l'entretenir.
Source : Gallica

Pierre de L'Isle Le jardin d'amour : poésies (1858)

Laissez-m'y moissonner les plantes consacrées Dont s'orne en souriant le poëte amoureux !
J'y veux cueillir le lis, fière majesté blanche , Et de pâles pavots emblèmes du loisir; Vers mes doigts désireux que la rose se penche , Sa corolle est le trône où règne le plaisir.
Puis je veux doucement tresser une couronne ; Je me parfumerai le front de son odeur. Je sais encor le nom d'une fleur bien mignonne, Je parais l'oublier, mais elle est sur mon cœur.
1857.
XLIX
AIMONS-NOUS.
Aimons-nous gaîment d'âme bien éprise, Pour ne plus savoir si les jours sont courts.
Source : Gallica

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