Amélie Gex,
Poésies
(1879)
“ Où, seul avec son rêve, il oublie un instant Le bruit tumultueux de la foule et du monde, Suivant d'un œil distrait, la course vagabonde D'un nuage flottant. C'est l'heure où, d'un rayon qui doucement le frôle, Dans les vallons ombreux, s'argente le vieux saule; Où, sur le lac qui dort, d'indécises lueurs Passent en tremblotant sur la vague et l'écume, Laissant, dans le lointain, se mêler à la brume D'idéales vapeurs. C'est l'heure où, dans son nid, se blottit l'hirondelle ; Où vers les hauts glaciers revient à tire-d'aile, Riche de son butin, l'aigle au vol foudroyant ”
