E. Péveril

Résumé

E. Péveril Poésies nouvelles (1872)

Pour mieux entendre et voir, dis au flot qu'il se taise, Aux étoiles dis de briller; La nuit est noire encor, mais, pour nous complaisante, La lune au ciel se lève et sur l'eau qui s'argente Je vois ses rayons scintiller.
Et maintenant regarde : un vaisseau,comme une ombre Passe devant nos yeux; Et le vent nous apporte, à travers la nuit sombre, L'écho d'un chant joyeux.
Sous ses rideaux, dis-tu, ta maîtresse repose, Et sous son cou de cygne est replié son bras ; Ton nom, ton nom qu'elle aime, est par sa lèvre rose, En songe prononcé tout bas.
Pauvre illusionné, tu le crois, n'est-ce pas ?
Source : Gallica

E. Péveril Poésies nouvelles (1872)

Ah! qui me rendra la verdure, Les fleurs, le printemps embaumé, Et les oiseaux, et leur murmure, Et ton sourire, ô Mai !
A VENISE
L'ombre envahit le monde, Et le soleil dans l'onde Cache ses cheveux d'or : Venise dort.
Ses palais sont en fêtes, Et les yeux des coquettes De leurs regards moqueurs Blessent les cœurs.
Le vin coule, il réveille Le plaisir qui sommeille Et le rire argentin, Dès qu'il s'éteint.
L'amour, ardente fièvre, Du cœur monte à la lèvre : Avec lui le baiser Vient s'y poser.
Déborde, ivresse folle, Et d'âme en âme vole ; Moi, j'attends celle, hélas !
Qui ne vient pas.
Source : Gallica

E. Péveril Poésies nouvelles (1872)

Pas un cri dans le bourg, dans les bois point de chants.
Pourquoi partir si tôt? quel est mon but ? où vais-je?
Je vais de la Nature épier le réveil, Jaloux de partager, ô mont, avec ta neige 1 Le premier baiser du soleil.
Je regarde et j'attends ; la clarté des étoiles Pâlit, puis s'éteint dans les cieux, Et la nuit, à regret, laissant tomber ses voiles, Fuit devant l'astre radieux.
L'horizon rougit et s'éclaire, Et sous les pas du Dieu qu'on ne voit pas encor Une invisible main, du ciel jusqu'à la terre, Jette un manteau de pourpre et d'or.
Source : Gallica

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