“ Et sous ces arbres propices, dans le sentier mystérieux qui incline vers la coulée, ma vision glissait, non point ma vision du théâtre, non point le papillon aux ailes de gaze, tourbillonnant avec les roses, mais la jeune fille, mais le sourire d'enfant, mais la robe de percale et le fichu de mousseline, Annette, Annette, mon cœur et ma joie, Annette que j'aimais, Annette qui m'aimait, Annette Laïs, Annette de Kervigné, ma fiancée, ma femme, le meilleur de mon âme!Philippe disait:«Vous êtes un artiste.» ”
Annette
Définition et enjeux
Le nom d’Annette, porté par de nombreuses figures littéraires, incarne souvent une femme complexe, oscillant entre rêve et réalité. Dans L’Âme enchantée, Romain Rolland la présente comme une jeune femme traversant des émotions contradictoires, entre souvenirs et présent, tandis que Paul Féval évoque son rôle d’amoureuse idéalisée dans Annette Laïs.
D’autres auteurs, comme Stéphanie Lockroy ou Léo-Paul Desrosiers, explorent ses liens humains et ses luttes intérieures, révélant une dimension universelle de l’âme féminine. Le thème d’Annette, ainsi abordé, relie des œuvres variées, illustrant sa présence durable dans la littérature comme symbole de sensibilité et de métamorphose.
Citations sur “Annette”
Romain Rolland,
L’Âme enchantée
“ Annette reconnaissait certains noms de son monde ; et elle se rappelait, avec hostilité, les sourires, les caresses, qu’elle avait reçus jadis de telle des favorites. D’autres étaient d’un niveau social moins relevé ; l’orthographe n’en était pas moins libre que les sentiments exprimés. Annette accentuait sa moue ; mais son esprit, qui avait les yeux vifs et railleurs, comme ceux du père, voyait l’application comique de celles qui, penchées, un frison sur les yeux, tirant le bout de la langue, faisaient galoper leur plume sur le papier. ”
Romain Rolland,
L’Âme enchantée
“ Et Annette a pitié. Elle la voit qui s’exalte avec des pensées qu’elle récite, ardemment, tout d’un trait, — jusqu’à ce qu’elle butte, en hésitant... (Ne s’est-elle pas trompée sur un mot ? Elle s’excuse du regard, avec un sourire confus et charmant) . Et Annette aurait envie de la prendre dans ses bras et de lui dire : — Petite fille, ce que tu dis n’est pas de toi. Appuie ton front contre ma bouche ! Quand tu te tais, j’entends ton cœur... Mais il n’est pas bon qu’elle l’entende. Elle a raison. Qu’elle récite les mots appris, qui font l’oubli ! Les idées endorment le cœur. ”
